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Retraite

Ma retraite de pro de santé libéral : comment ça marche ?

Vous comprenez les trois étages de votre retraite et l'âge de départ le plus favorable selon votre caisse (médecin, dentiste, pharmacien, etc.).

Votre retraite de professionnel de santé libéral se construit sur trois niveaux qui se superposent : un socle de base commun à toutes les professions, une retraite complémentaire propre à votre caisse, et — si vous êtes conventionné — une retraite supplémentaire cofinancée par l'Assurance maladie. ​Le piège principal : partir « à l'âge légal » ne veut pas dire partir « à taux plein » sur la complémentaire, où une pénalité peut s'appliquer même si vous avez tous vos trimestres. ​Avant toute décision, nous reconstituons l'ensemble de vos droits, caisse par caisse, pour trouver la meilleure date de départ.​

Les chiffres à connaître

67 ansâge du taux plein sur votre retraite de base, sans pénalité même sans tous vos trimestres
3 étagesbase, complémentaire et supplémentaire qui s'additionnent pour former votre pension
1,25 %décote par trimestre manquant sur la complémentaire avant l'âge du taux plein
+10 %de pension en plus si vous avez élevé au moins 3 enfants

Ce qu'il faut retenir

Trois étages qui s'additionnent

Vous cotisez à un régime de base commun (CNAVPL), à une complémentaire propre à votre caisse (CARMF pour les médecins, CARCDSF pour dentistes et sages-femmes, CARPIMKO pour les auxiliaires, CAVP pour les pharmaciens, CARPV pour les vétérinaires), et à un étage supplémentaire (ASV/PCV) si vous êtes conventionné. ‌Votre pension finale, c'est la somme des trois.‌

La base est à taux plein à 67 ans, même sans tous vos trimestres

Sur le régime de base, à 67 ans il n'y a aucune pénalité, même si tous vos trimestres ne sont pas réunis. ‌Avant 67 ans, une décote s'applique selon les trimestres manquants (jusqu'à 25 % pour 20 trimestres).‌

Attention : la complémentaire pénalise sur l'ÂGE, pas sur les trimestres

Sauf pour la CARMF (médecins), les complémentaires appliquent une décote « sèche » : elle tombe si vous partez avant l'âge de taux plein de la caisse, même avec tous vos trimestres. ​Exemple CARCDSF/CARPIMKO : taux plein à 67 ans, décote de 1,25 % par trimestre manquant avant.‌

Médecins : pas de décote, et même un bonus si vous différez

La complémentaire CARMF est servie sans décote dès l'âge légal. ‌Mieux : en repoussant votre départ, vous gagnez une surcote de 1,25 % par trimestre entre l'âge légal et 65 ans, puis 0,75 % par trimestre de 65 à 70 ans.​

Pharmaciens : un étage qui fonctionne comme un compte épargne

À la CAVP, une partie de vos cotisations alimente un capital individuel (comme un compte qui se valorise avec des intérêts), converti en rente au moment du départ. ​Il se lit sur un relevé de capitalisation, pas sur un compteur de points : pensez à le récupérer.​

3 enfants ou plus : +10 % de pension

Une majoration familiale de +10 % s'ajoute sur la complémentaire (et le supplémentaire) si vous avez élevé au moins 3 enfants. ​Elle s'applique après le calcul de la pension, sur chaque étage qui la prévoit.​

Vos cotisations obligatoires sont déductibles sans plafond

Les cotisations de base et de complémentaire obligatoire se déduisent intégralement de votre revenu professionnel. ​À ne pas confondre avec les versements facultatifs (PER, ancien Madelin) qui, eux, ont un plafond séparé.‌

La réversion se demande caisse par caisse

En cas de décès, le conjoint survivant peut toucher une pension de réversion sur chaque étage, avec des taux propres (souvent 60 % sur la complémentaire, 50 % sur l'ASV dans plusieurs caisses). ​Les conditions d'âge, de durée de mariage et de remariage changent d'une caisse à l'autre.​

Votre retraite se lit sur trois étages

Étage 1 — Base

Le régime de base (CNAVPL)

Commun à toutes les professions de santé. Taux plein automatique à 67 ans, même sans tous vos trimestres.

Étage 2 — Complémentaire

La caisse de votre profession

CARMF (médecins), CARCDSF (dentistes, sages-femmes), CARPIMKO (auxiliaires), CAVP (pharmaciens), CARPV (vétérinaires).

Étage 3 — Supplémentaire

L'ASV / PCV si vous êtes conventionné

Un étage en partie financé par l'Assurance maladie.

Votre pension finale, c'est la somme des trois ; une majoration de +10 % s'ajoute si vous avez élevé au moins 3 enfants.

Source : CSS art. L. 640-1 et L. 641-1 ; L. 645-1

Médecins et autres professions : deux logiques opposées

Médecins (CARMF)

  • Complémentaire servie sans décote dès l'âge légal.
  • Différer rapporte : surcote de 1,25 % par trimestre jusqu'à 65 ans.
  • Puis 0,75 % par trimestre de 65 à 70 ans.

Autres caisses de santé

  • Décote « sèche » si vous partez avant l'âge de taux plein de la caisse.
  • Elle s'applique même si vous avez tous vos trimestres.
  • Exemple : 1,25 % par trimestre manquant (dentistes, auxiliaires).
Un médecin gagne à différer son départ ; les autres professions doivent surtout éviter de partir trop tôt.

Source : Statuts CARMF (rég. complémentaire) art. 15 ; statuts CARCDSF art. 35 ; CARPIMKO art. 12 quater

À quel âge votre complémentaire est-elle « à taux plein » ?

65 ans
Vétérinaires (CARPV)
67 ans
Dentistes, sages-femmes (CARCDSF)
67 ans
Auxiliaires (CARPIMKO)
67 ans
Pharmaciens (CAVP)

La plupart des caisses fixent le taux plein à 67 ans ; les vétérinaires l'atteignent dès 65 ans. Partir avant coûte 1,25 % par trimestre manquant (à la CAVP, la décote n'est que de 0,5 % par trimestre sur les deux années précédant 67 ans).

Source : Statuts CARPV art. 50 et annexe ; CARCDSF art. 35 ; CARPIMKO art. 12 quater ; CAVP art. 15

Ce qui s'applique selon votre situation

Votre situationCe qui s'appliqueFondement
Vous êtes médecin, dentiste, sage-femme, pharmacien, auxiliaire médical ou vétérinaire en libéral Votre retraite se lit sur trois étages : base CNAVPL commune, complémentaire propre à votre caisse, et supplémentaire ASV/PCV si vous êtes conventionné. CSS art. L. 640-1 et L. 641-1
Vous partez à 67 ans Aucune pénalité sur le régime de base, même si vous n'avez pas tous vos trimestres : le taux plein est acquis par l'âge. CSS art. L. 643-4
Vous partez avant 67 ans (hors médecin) Une décote s'applique sur la complémentaire selon votre âge, même tous trimestres réunis (ex. 1,25 % par trimestre manquant à la CARCDSF/CARPIMKO). Statuts CARCDSF art. 35 ; statuts CARPIMKO art. 12 quater
Vous êtes médecin (CARMF) et partez à l'âge légal Votre complémentaire est servie sans décote ; en différant, vous gagnez une surcote de 1,25 % par trimestre jusqu'à 65 ans, puis 0,75 % jusqu'à 70 ans. Statuts CARMF (complémentaire) art. 15
Vous êtes vétérinaire (CARPV) Le taux plein de votre complémentaire est fixé à 65 ans (et non 67), avec une décote de 1,25 % par trimestre entre 60 et 65 ans. Statuts CARPV art. 50 et annexe
Vous êtes pharmacien (CAVP) En plus de la répartition, vous disposez d'un capital individuel converti en rente : pensez à récupérer votre relevé de capitalisation, distinct des points. Statuts CAVP (complémentaire) art. 27 et 28
Vous êtes conventionné (médecin, dentiste, sage-femme, auxiliaire, biologiste) Vous avez un troisième étage ASV/PCV, en partie financé par l'Assurance maladie ; une dispense de cotisation sous seuil de revenu n'attribue aucun point. CSS art. L. 645-1 ; CSS art. D. 645-3
Vous avez élevé 3 enfants ou plus Une majoration de +10 % s'ajoute à votre pension complémentaire (et supplémentaire), appliquée après le calcul. Statuts CARMF (complémentaire) art. 60 ; CARCDSF art. 38 ; CAVP art. 17
Vous payez vos cotisations obligatoires Elles sont déductibles sans limite de votre revenu ; ne les additionnez pas avec vos versements PER/Madelin facultatifs, qui ont un plafond séparé. CGI art. 154 bis, I ; BOI-BIC-CHG-40-50-30, § 10
Vous continuez à travailler après avoir liquidé votre retraite (cumul emploi-retraite) En principe cela ne crée pas de nouveaux droits ; une exception existe depuis 2023 sous conditions (première pension liquidée, plafond de revenu). CSS art. L. 643-6 ; LFSS 2023 art. 13 ; LFSS 2025 art. 6
Vous êtes médecin en cumul emploi-retraite intégral en zone sous-dense, revenu < 70 000 € Vous pouvez bénéficier d'une exonération de cotisations (base + complémentaire + ASV) : à vérifier avant de chiffrer. Décret n° 2025-810 du 13 août 2025 ; LFSS 2025 art. 6
Vous êtes veuf ou veuve d'un professionnel de santé La réversion se demande étage par étage et caisse par caisse, chacun avec ses propres taux et conditions. CSS art. L. 643-7 ; statuts de chaque section

Les erreurs qui coûtent cher

Ne confondez pas âge légal et taux plein

Sur votre complémentaire (sauf médecin), partir à l'âge légal peut vous coûter une décote définitive alors même que vous avez tous vos trimestres. Faites chiffrer l'écart avant de fixer votre date.

Pharmaciens : n'oubliez pas votre relevé de capitalisation

Votre étage en capitalisation CAVP ne se voit pas sur un compteur de points. Sans le relevé de capital, votre estimation de retraite sera fausse : réclamez-le à la caisse.

Ne mélangez pas cotisations obligatoires et facultatives pour vos impôts

Les obligatoires sont déductibles sans limite, les versements PER/Madelin ont un plafond distinct. Les additionner dans une même enveloppe est une erreur classique qui fausse votre avantage fiscal.

Vos périodes salariées ne comptent pas dans votre caisse libérale

Si vous avez exercé comme salarié, ces trimestres relèvent du régime général (CNAV + Agirc-Arrco), pas de votre caisse libérale. Identifiez-les séparément pour ne rien perdre.

La liquidation n'est jamais automatique

Aucune de vos caisses ne déclenche seule votre retraite : vous devez faire la demande, étage par étage. Anticipez les démarches plusieurs mois avant la date visée.

Là où un conseiller change la donne

Cas avancé

Continuer d'exercer en zone sous-dense sans cotisations retraite

Sylvie, 67 ans, médecin généraliste, a liquidé sa retraite mais souhaite garder deux jours de consultation par semaine dans une commune qui manque cruellement de médecins. En temps normal, ces cotisations ne lui rapporteraient aucun nouveau droit. Sauf qu'en cumul emploi-retraite intégral, dans une zone sous-dense et tant que son revenu d'activité reste sous 70 000 €, elle peut être exonérée de ses cotisations (base, complémentaire et ASV). Autrement dit, elle garde ce qu'elle gagne au lieu de cotiser à perte.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie l'éligibilité point par point (zone sous-dense, première pension liquidée, plafond de revenu), chiffre le gain net face au scénario « je cotise sans nouveaux droits », et séquence la reprise pour rester sous le seuil.

Cas avancé

Attendre 67 ans pour la complémentaire en vivant sur son PER

Karim, 64 ans, chirurgien-dentiste, a tous ses trimestres : sur le régime de base, il est déjà à taux plein. Mais sa complémentaire CARCDSF applique une décote « sèche » sur l'âge, pas sur les trimestres : partir à 64 fige jusqu'à 15 % de complémentaire en moins, à vie. L'idée avancée : reporter la liquidation à 67 ans pour effacer cette décote, et couvrir les trois années d'écart en piochant dans son PER plutôt qu'en amputant définitivement sa pension.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre l'écart de complémentaire sur toute la retraite entre un départ à 64 et à 67 ans, dimensionne le « pont » PER nécessaire pour tenir trois ans, et cadence la liquidation étage par étage (base d'abord, complémentaire ensuite).

Chaque situation est particulière

Vous vous êtes reconnu dans cette fiche ? La prochaine étape est un échange concret, chiffres de votre dossier à l'appui.

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Références officielles

Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.

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