Ma retraite de libéral (avocat, notaire, expert-comptable…)
Comprendre comment votre retraite est calculée selon votre métier, et à quel âge partir vraiment à taux plein.
Votre retraite de profession libérale se construit sur deux niveaux : un régime de base et un régime complémentaire propre à votre caisse. Selon votre métier, le calcul du niveau de base change : la plupart des libéraux (notaires, officiers ministériels, experts-comptables, agents généraux, architectes et conseils) relèvent d'un régime commun par points, tandis que les avocats dépendent d'un régime autonome géré par la CNBF, calculé en trimestres. Partir « à l'âge légal » ne veut pas toujours dire partir « à taux plein » sur votre complémentaire : chaque caisse a ses propres règles d'âge, d'où l'intérêt de tout reconstituer avant de décider.
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Ce qu'il faut retenir
Deux étages, calculés différemment selon votre métier
Votre retraite = un régime de base + un régime complémentaire propre à votre caisse. Pour presque tous les libéraux, le régime de base est commun, par points (la CNAVPL). Pour les avocats, c'est un régime à part géré par la CNBF, calculé en trimestres.
L'avocat est le cas particulier
Si vous êtes avocat, votre retraite de base est autonome et calculée en trimestres : base forfaitaire annuelle x vos trimestres CNBF / durée d'assurance requise selon votre année de naissance. Votre complémentaire CNBF, elle, reste en points. Même l'avocat salarié reste rattaché à la CNBF.
Pour les autres, un régime de base par points, taux plein à 67 ans
Notaires (CPRN), officiers ministériels (CAVOM), experts-comptables (CAVEC), agents généraux (CAVAMAC) et libéraux CIPAV : votre base = nombre de points x valeur du point, avec taux plein automatique à 67 ans, sans condition de durée. Votre caisse gère ce régime de base pour le compte de la CNAVPL.
Attention : l'âge du taux plein change d'une complémentaire à l'autre
Chaque complémentaire a son propre âge. Exemple concret : la CAVEC des experts-comptables fixe son taux plein à 65 ans (pas 67), avec une décote de 1,25 %/trimestre entre 60 et 65 ans et une surcote au-delà. Partir « à l'âge légal » ne veut donc pas dire partir à taux plein partout.
CIPAV : vérifiez bien votre rattachement
Depuis le 1er janvier 2019, la liste des professions CIPAV est limitative (architectes, ingénieurs conseil, ostéopathes, psychologues, guides, mandataires judiciaires…). Si vous êtes un « conseil » non réglementé ayant démarré avant 2019, vous restez à la CIPAV sauf option pour la SSI (Sécurité sociale des indépendants).
3 enfants ou plus : +10 % de pension
Une majoration familiale de +10 % s'ajoute sur les étages qui la prévoient (base et complémentaires) si vous avez élevé 3 enfants ou plus. Elle se cumule avec une éventuelle surcote si vous prolongez votre activité.
Vos cotisations obligatoires sont déductibles sans limite
Vos cotisations de base et de complémentaire obligatoire se déduisent sans plafond de vos revenus professionnels. Ne les confondez pas avec vos versements facultatifs (PER, ancien Madelin), qui relèvent, eux, d'un plafond distinct.
Vos pensions seront imposées après un abattement de 10 %
Une fois à la retraite, vos pensions (base et complémentaire) sont imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie pensions et retraites, après un abattement de 10 %, et supportent la CSG/CRDS/CASA selon votre revenu.
Deux façons de calculer votre retraite de base
Si vous êtes avocat (CNBF)
- Régime de base autonome, calculé en trimestres
- Base = base forfaitaire annuelle x trimestres CNBF / durée requise
- Votre complémentaire CNBF, elle, reste en points
- Même l'avocat salarié reste rattaché à la CNBF
Notaire, expert-comptable, agent général, architecte…
- Régime de base commun par points (la CNAVPL)
- Pension de base = nombre de points x valeur du point
- Taux plein automatique à 67 ans, sans condition de durée
- Votre caisse gère ce régime de base pour le compte de la CNAVPL
Source : CSS art. L. 643-1 et L. 643-3 ; L. 723-3 et s.
À quel âge partez-vous vraiment à taux plein ?
Partir « à l'âge légal » ne veut pas dire partir à taux plein sur votre complémentaire.
Source : Statuts CAVEC art. 12 et 13 ; CSS art. L. 643-3
Vos âges clés si vous êtes expert-comptable (CAVEC)
Départ possible, mais avec décote
Votre complémentaire CAVEC est réduite de 1,25 % par trimestre manquant, entre 60 et 65 ans.
Taux plein de votre complémentaire
Plus de décote sur l'étage CAVEC ; au-delà, une surcote de 1,25 % par trimestre s'applique.
Taux plein de votre régime de base
Le régime de base (CNAVPL) atteint son taux plein automatique, sans condition de durée.
Vérifiez toujours l'âge de taux plein propre à votre caisse avant de fixer votre date de départ.
Source : Statuts CAVEC art. 12 et 13 ; CSS art. L. 643-3
Votre cas, ce que prévoit la règle
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous êtes avocat | Votre base n'est PAS un régime par points : la CNBF gère un régime autonome calculé en trimestres (base forfaitaire x trimestres / durée requise). Votre complémentaire CNBF reste en points. | CSS art. L. 723-3 et s. |
| Vous êtes notaire, officier ministériel, expert-comptable, agent général ou libéral CIPAV | Votre base est la CNAVPL par points : pension = points x valeur du point, avec taux plein automatique à 67 ans, géré par votre caisse. | CSS art. L. 643-1 et L. 643-3 |
| Vous êtes expert-comptable et vous voulez partir avant 67 ans | Votre complémentaire CAVEC a son propre taux plein à 65 ans : décote de 1,25 %/trimestre entre 60 et 65 ans, surcote au-delà. Ne l'alignez pas sur le régime de base à 67 ans. | Statuts CAVEC, art. 12 et 13 |
| Vous êtes agent général d'assurance | Vos cotisations CAVAMAC sont assises sur vos commissions (pas seulement le bénéfice). La complémentaire CAVAMAC est réservée aux agents généraux. | Doc. CAVAMAC § 2.2 |
| Vous êtes notaire | Votre complémentaire CPRN se calcule en points de sections B et C (la section C garantit un minimum de 575 points/an au-delà de 10 ans de carrière). Un régime supplémentaire obligatoire existe pour les notaires de Colmar et Metz. | Statuts CPRN, partie 2, art. 18 |
| Vous êtes un « conseil » non réglementé ayant démarré avant 2019 | Vous restez rattaché à la CIPAV sauf si vous optez pour la SSI. Ce point est à vérifier systématiquement. | CSS art. L. 640-1 ; Loi PACTE |
| Vous partez avant l'âge de taux plein de votre complémentaire | Une décote s'applique selon l'âge atteint, différente de la décote de base. Vérifiez l'âge de taux plein propre à votre caisse avant de chiffrer un départ anticipé. | Statuts de chaque caisse (CPRN, CAVOM, CAVEC) |
| Vous avez élevé 3 enfants ou plus | Vous bénéficiez d'une majoration de +10 % sur les étages qui la prévoient, cumulable avec une surcote de prolongation. | Note pédagogique (règle 6) |
| Vous versez sur un PER ou un ancien Madelin | Ces versements facultatifs relèvent d'un plafond distinct de vos cotisations obligatoires (déductibles sans limite). Ne mélangez pas les deux dans une même enveloppe de déduction. | CGI art. 154 bis, I ; BOI-BIC-CHG-40-50-30, § 10 |
| Vous êtes à la retraite et percevez vos pensions | Vos pensions (base et complémentaire) sont imposées à l'IR après abattement de 10 %, et supportent CSG/CRDS/CASA selon votre revenu. | CGI art. 79 et 158, 5-a ; BOI-RSA-PENS-10-10, § 1 |
| Vous avez perdu votre conjoint libéral | La réversion se liquide étage par étage et caisse par caisse (base + complémentaire), chacun avec ses propres taux, âges et conditions. Pour l'avocat, la base CNBF a ses règles propres. | CSS art. L. 643-7 ; statuts de chaque caisse |
| Vous exercez sous statut salarié (gérant minoritaire de SELARL, président de SAS…) | Vous relevez en principe de la CNAV + Agirc-Arrco, et non de votre caisse libérale — sauf si vous êtes avocat, auquel cas vous restez à la CNBF. | CSS art. L. 640-1 et L. 641-1 |
Ce qui piège le plus souvent
Ne calez pas votre départ sur le seul âge légal
Partir à l'âge légal ne veut pas dire partir à taux plein sur votre complémentaire. Un expert-comptable qui part à 63 ans en pensant être à taux plein subit en réalité une décote CAVEC de 10 % à vie (8 trimestres manquants jusqu'à 65 ans, à 1,25 % chacun) : en patientant jusqu'à 65 ans, l'âge de taux plein propre à sa caisse, cette décote disparaît intégralement. Vérifiez toujours l'âge de taux plein de votre caisse avant de fixer une date.
Ne confondez pas cotisations obligatoires et versements facultatifs
Erreur classique : additionner vos cotisations obligatoires (déductibles sans limite) et vos versements PER/Madelin (plafonnés) dans une même enveloppe de déduction fiscale. Ce sont deux logiques distinctes.
« Conseil » non réglementé : vérifiez CIPAV ou SSI
Depuis 2019, la liste CIPAV est fermée. Si vous êtes consultant ou conseil non réglementé, ne présumez pas de votre caisse : vérifiez votre rattachement réel (CIPAV ou SSI), car il change vos droits et vos cotisations.
Soldez vos cotisations avant d'annoncer une date de départ
Le versement de votre complémentaire est subordonné au paiement de la totalité de vos cotisations (et majorations de retard). Vérifiez que votre compte est à jour auprès de la caisse avant d'arrêter une date d'effet.
Formalisez vos questions à la caisse par écrit
Les caisses n'ont pas à vous informer spontanément des conséquences d'une réforme. En revanche, une demande écrite précise restée sans réponse ou trompeuse engage leur responsabilité. Écrivez pour sécuriser vos droits et un éventuel recours.
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À quel âge un expert-comptable atteint-il le taux plein de sa complémentaire CAVEC ?
Comment se calcule la retraite de base d'un avocat ?
Vous avez élevé 3 enfants. Quel est l'effet sur votre pension de retraite ?
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Ne pas emprunter le calendrier de retraite d'une autre profession
Bernard, notaire, entend un confrère expert-comptable affirmer que « le taux plein tombe à 65 ans » et commence à caler son propre départ sur cette date. Mais sa complémentaire n'est pas la CAVEC : c'est la CPRN, calculée en points de sections B et C, où la section C garantit un minimum de 575 points/an au-delà de 10 ans de carrière, et où un régime supplémentaire obligatoire s'ajoute pour les notaires de Colmar et Metz. Le mécanisme, l'âge de taux plein et la valeur de ses droits n'ont rien à voir avec ceux d'un expert-comptable : raisonner par analogie l'expose à fixer une date sur des règles qui ne sont pas les siennes.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller refuse le raisonnement par analogie d'une caisse à l'autre : il reconstitue la CPRN étage par étage — sections B et C, minimum garanti de section C, éventuel régime local Colmar/Metz — pour donner à Bernard sa vraie date et son vrai montant, et non un repère emprunté à une profession voisine dont les statuts n'ont aucun rapport.
Se restructurer en société fragmente aussi votre future retraite
Karim, 48 ans, expert-comptable installé en libéral, envisage de loger son cabinet dans une SELARL où il serait gérant minoritaire, ou dans une SAS dont il serait président. En basculant sous un statut salarié assimilé, il ne perd pas ses droits CAVEC déjà accumulés — ceux-ci se liquideront selon les règles de sa caisse, dont le taux plein de complémentaire à 65 ans — mais tous ses droits futurs se construiront désormais à la CNAV + Agirc-Arrco, sur un autre calendrier. Au lieu d'une retraite pilotée sur une seule caisse, il aura demain deux blocs à liquider, à des âges de taux plein différents. Seul l'avocat échappe à ce basculement : même salarié, il reste rattaché à la CNBF.
Ce que votre conseiller apporte : Avant la restructuration, le conseiller cartographie les deux blocs — droits CAVEC déjà acquis (dont la complémentaire vise 65 ans) d'un côté, droits CNAV/Agirc-Arrco à venir de l'autre — et montre à Karim que son choix juridique fixe aussi, sans le dire, le calendrier et l'architecture de sa future retraite. Il signale l'exception avocat, pour que le changement de caisse soit un arbitrage mesuré et non une conséquence subie du montage.
Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 640-1
- CSS art. L. 641-1
- CSS art. L. 643-1
- CSS art. L. 643-3
- CSS art. L. 643-7
- CSS art. L. 653-1
- CSS art. L. 723-3
- CGI art. 154 bis, I
- CGI art. 79 et 158, 5-a
- BOI-BIC-CHG-40-50-30, § 10
- BOI-RSA-PENS-10-10, § 1
- Statuts des caisses (CNBF, CPRN, CAVOM, CAVEC, CAVAMAC, CIPAV)
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.