Ma retraite d'indépendant, d'agriculteur ou d'artiste
Comprendre les deux étages obligatoires de votre retraite et trouver la meilleure date de départ.
Que vous soyez artisan, commerçant, exploitant agricole ou artiste-auteur, votre retraite se construit sur deux niveaux obligatoires : un régime de base et un régime complémentaire. Le montant dépend directement de vos revenus cotisés pendant votre carrière. Avant toute décision, nous reconstituons l'ensemble de vos droits pour trouver la date de départ la plus favorable.
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
À comprendre avant d'agir
Deux étages obligatoires
Votre retraite additionne toujours un régime de base et un régime complémentaire. Chacun a ses propres règles et doit être reconstitué séparément. Il faut donc rassembler votre relevé de carrière ET votre relevé de points.
La base retient vos 25 meilleures années
Depuis 1973, la retraite de base des indépendants est calculée comme celle des salariés : elle prend la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus (le RAM). Le taux plein est de 50 %.
La complémentaire fonctionne par points
Votre régime complémentaire (RCI pour les indépendants, RCO pour les agriculteurs, IRCEC pour les artistes) accumule des points. Votre pension = nombre de points x valeur du point au jour du départ x un coefficient.
Un revenu trop faible fait perdre l'année
Une année où votre revenu passe sous le seuil (150 SMIC horaire) n'est pas retenue du tout dans le calcul de vos 25 meilleures années. Mais bonne nouvelle : même à revenu nul, une cotisation minimale peut valider des trimestres.
Partir à l'âge légal ≠ partir à taux plein
Le taux plein (50 %) est automatique à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. Avant, il faut tous vos trimestres (172 pour les générations nées à partir de 1965), sinon une décote de 1,25 % par trimestre manquant s'applique.
Agriculteurs : une réforme en 2026
Pour les départs à partir du 01/01/2026, la retraite de base MSA passe au calcul sur les 25 meilleures années. Attention : ce nouveau calcul n'est vraiment appliqué qu'au 01/01/2028, avec un recalcul des pensions liquidées entre-temps.
Cotisations obligatoires 100 % déductibles
Vos cotisations obligatoires de base et de complémentaire sont déductibles sans plafond de votre bénéfice. Ne les confondez pas avec vos versements PER ou Madelin facultatifs, qui eux ont un plafond distinct.
Le rachat Madelin compte double
Un rachat de trimestres « Madelin » réservé aux indépendants compte à la fois pour le taux et pour la durée, sans avoir à choisir. C'est plus avantageux qu'un rachat classique où il faut opter.
Partir à l'âge légal ou attendre 67 ans ?
Âge légal (62 à 64 ans) sans tous vos trimestres
- Il vous faut 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965
- Décote de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres
- Cette baisse s'applique à vie
Attendre 67 ans
- Taux plein de 50 % automatique
- Aucune décote, quel que soit le nombre de trimestres réunis
Chaque trimestre qui vous manque à l'âge légal réduit votre pension pour toute la retraite.
Source : CSS art. L. 161-17-2 ; CSS art. L. 351-1
Agriculteurs : la réforme du calcul de la base MSA
Ancien calcul
Base = retraite forfaitaire (AVI) + retraite proportionnelle par points (AVA).
Bascule vers les 25 meilleures années
La base MSA est alignée sur le régime général : moyenne de vos 25 meilleures années.
Nouveau calcul réellement appliqué
Les pensions liquidées entre 2026 et 2027 font l'objet d'un recalcul.
Si vous êtes exploitant agricole, précisez toujours sur quel calcul repose une estimation de votre retraite.
Source : CSS art. L. 732-24 et s. ; loi n° 2023-1391 du 31 déc. 2023
Artistes-auteurs : combien de trimestres validés selon votre revenu ?
Vos trimestres de base se valident par votre niveau d'assiette, dans la limite de 4 par an.
Source : CSS art. L. 382-1 ; CSS art. R. 382-31
Selon votre situation
Vous êtes artisan, commerçant ou industriel (indépendant)
Base calculée comme les salariés : moyenne de vos 25 meilleures années x taux (50 % maxi) x durée. Ce n'est pas un régime par points.
Vous voulez connaître votre complémentaire d'indépendant
Elle est calculée à part, par points : nombre de points x valeur du point au jour du départ x coefficient.
Une de vos années est passée sous 150 SMIC horaire de revenu
Cette année n'est pas retenue dans vos 25 meilleures années. Seule la part de revenu sous 1 PASS génère des droits.
Vous avez eu un revenu nul ou déficitaire une année
Une cotisation minimale (450 SMIC horaire) reste due mais valide des trimestres : vous n'êtes pas forcément privé de droits.
Vous êtes exploitant agricole et partez à partir du 01/01/2026
Votre base MSA passe au calcul sur les 25 meilleures années, mais opérationnel seulement en 2028 avec recalcul.
Vous êtes artiste-auteur créateur d'œuvres originales
Base au régime général + complémentaire IRCEC ; l'assiette de cotisation est votre bénéfice majoré de 15 %.
Vous n'avez pas tous vos trimestres à l'âge légal
Décote de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20), sauf à attendre 67 ans où le taux plein est automatique.
Vous payez des cotisations retraite obligatoires
Elles sont déductibles sans limite de votre BIC/BNC/BA, contrairement à vos versements PER/Madelin facultatifs plafonnés.
Vous avez été tour à tour salarié, salarié agricole et indépendant
Ces régimes alignés sont calculés une seule fois ensemble (LURA), dans la limite de 4 trimestres/an.
Vous envisagez de partir en cours d'année
Le revenu de votre dernière année n'est retenu que si le compte est arrêté au 31 décembre : un départ au 1er janvier peut être plus favorable.
Vous voulez racheter des trimestres en tant qu'indépendant
Le rachat « Madelin » compte à la fois pour le taux et pour la durée, sans option à faire.
Ce qui piège le plus souvent
Ne partez pas à l'âge légal sans vérifier vos trimestres
Atteindre l'âge légal (62 à 64 ans selon votre génération) ne garantit pas le taux plein. S'il vous manque des trimestres, chaque trimestre manquant vous coûte 1,25 % à vie. Faites le calcul avant de fixer votre date.
Attention à un départ en cours d'année
Si vous partez en milieu d'année, votre dernière année de revenus (souvent l'une des meilleures) peut être perdue dans le calcul. Un départ au 1er janvier permet souvent de la conserver.
Ne confondez pas cotisations obligatoires et épargne facultative
Vos cotisations obligatoires sont déductibles sans limite ; vos versements PER/Madelin ont un plafond séparé. Les additionner dans une même enveloppe est une erreur classique qui fausse votre optimisation fiscale.
Agriculteurs : datez bien votre hypothèse de calcul
Avec la bascule 2026 opérationnelle seulement en 2028, une projection de retraite agricole n'a de sens que si l'on précise si elle repose sur l'ancien calcul (forfaitaire + points) ou le nouveau (25 meilleures années).
La retraite n'est jamais versée automatiquement
Base comme complémentaire, il faut déposer une demande, de préférence 4 à 6 mois avant la date souhaitée. Rien ne se déclenche tout seul.
Vérifiez vos réflexes
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
À quel âge le taux plein de 50 % est-il automatique, quel que soit le nombre de trimestres ?
Sur quelles années la retraite de base des indépendants est-elle calculée ?
Que se passe-t-il s'il vous manque des trimestres au moment du départ ?
Et dans les situations plus fines ?
Lever le pied à 60 ans sans s'arrêter : la retraite progressive du TNS
Thierry, 61 ans, est menuisier à son compte. Il aimerait réduire son activité sans tout arrêter d'un coup. Depuis le 1er septembre 2025, un indépendant peut demander une retraite progressive dès 60 ans, soit deux à quatre ans avant l'âge légal. Le principe : il réduit son activité dans une fourchette de 20 % à 60 % et touche une fraction de sa pension exactement égale à cette réduction — s'il lève le pied de 40 %, il perçoit 40 % de sa pension tout en continuant de travailler et de cotiser sur les 60 % restants. Il accumule donc encore des droits pour sa retraite définitive, tout en gardant un pied dans l'atelier.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre la part de pension versée selon le niveau de réduction d'activité retenu, vérifie que les trimestres continuent de se valider, et cale ce calendrier de transition avec l'arrivée d'un repreneur ou d'un salarié.
Agriculteur : partir en 2026 ou attendre le nouveau calcul ?
Bernard, 63 ans, exploite sa ferme depuis une trentaine d'années et peut liquider sa retraite MSA en 2026. Or 2026 est une année charnière : la base agricole bascule de l'ancien calcul (forfaitaire + points) vers la moyenne des 25 meilleures années. Ce nouveau calcul n'est toutefois vraiment appliqué qu'au 1er janvier 2028. Bonne nouvelle : les pensions liquidées entre 2026 et 2027 seront recalculées automatiquement en 2028. En décalant son départ de deux ans pour « attendre » le nouveau calcul, Bernard perdrait deux années de pension — alors que le recalcul rétroactif les lui aurait de toute façon apportées.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller simule la pension sous les deux méthodes de calcul pour mesurer l'écart, explique le mécanisme de recalcul rétroactif de 2028, et sécurise la date de dépôt de la demande — à déposer de préférence quatre à six mois avant le départ souhaité, car rien ne se déclenche tout seul.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 351-1
- CSS art. L. 161-17-2
- CSS art. L. 173-1-2
- CSS art. L. 634-2
- CSS art. L. 635-1
- CSS art. R. 634-1
- CSS art. L. 621-1
- CSS art. L. 732-24
- CSS art. L. 732-56
- CSS art. L. 382-1
- CGI art. 154 bis, I ; BOI-BIC-CHG-40-50-30
- loi n° 2023-1391 du 31 déc. 2023 ; loi n° 2023-451 du 9 juin 2023
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.