PREFON, COREM, CRH, RMC : que faire de ma retraite à points ?
Comprendre votre vieux contrat de retraite fonctionnaire ou combattant, et choisir la meilleure sortie (rente, capital ou transfert).
Si vous êtes fonctionnaire, hospitalier ou ancien combattant, vous détenez peut-être un contrat de retraite « à points » (PREFON, COREM, CRH ou RMC) sans même le savoir. Ces contrats ne se souscrivent plus librement aujourd'hui, mais ceux déjà ouverts continuent de fonctionner et offrent de vrais avantages : déduction de vos versements, sortie en rente ou en capital, et pour les anciens combattants une rente majorée par l'État et exonérée d'impôt. Cette fiche vous aide à savoir ce que vous avez, ce que ça change pour vous, et comment bien choisir votre sortie ou un transfert.
Votre situation est-elle concernée ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les repères à garder en tête
Ce qu'il faut retenir
Ces contrats sont fermés, mais le vôtre reste vivant
On ne peut plus adhérer à un COREM ou un CRH depuis le 1er octobre 2020, et le PREFON est devenu un PER depuis le 1er décembre 2019. Mais si vous avez déjà un contrat, il continue de fonctionner : vous pouvez encore verser dessus et il produit vos droits normalement.
Le PREFON s'est ouvert à beaucoup plus de monde
Depuis le 1er janvier 2024, le PREFON n'est plus réservé aux seuls agents publics : toute personne qui exerce ou a exercé une mission de service public ou d'intérêt général peut en bénéficier, ainsi que son conjoint et ses enfants.
Vos versements réduisent votre impôt
L'argent que vous versez se déduit de vos revenus imposables, dans la limite de votre plafond épargne retraite (le même pour tous vos produits retraite). Plus votre tranche d'impôt est élevée, plus le gain est important. Attention : aucun gain sur les revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique (le PFU, ou « flat tax ») ni sur les prélèvements sociaux.
À la sortie en rente, vous êtes taxé comme un retraité
La rente PREFON, COREM ou CRH est imposée comme une pension de retraite, après un abattement de 10 %, et supporte les prélèvements sociaux. C'est le régime le plus courant.
Ces contrats ont changé, mais le vôtre reste vivant
Le PREFON devient un PER
Vos versements et droits postérieurs à cette date suivent désormais les règles du Plan d'épargne retraite : la sortie en capital devient possible.
COREM et CRH ferment aux nouvelles adhésions
On ne peut plus ouvrir de nouveau contrat. Mais si vous en détenez déjà un, il continue de fonctionner et reste alimentable.
Le PREFON s'ouvre à beaucoup plus de monde
Il n'est plus réservé aux seuls agents publics : toute personne exerçant une mission de service public ou d'intérêt général peut en bénéficier, ainsi que son conjoint et ses enfants.
Si vous détenez un de ces contrats, il n'est pas « perdu » : il produit toujours vos droits.
Source : C. mon. fin. art. L224-40 (loi PACTE) ; Préfon, extension du 1er janv. 2024
Les erreurs qui coûtent cher
Ne perdez pas l'atout du taux réduit à 7,5 %
Avant de transférer un vieux contrat vers un PER, vérifiez si vous détenez d'anciens droits ouvrant droit au prélèvement de 7,5 % sur le capital. Ce taux ne s'applique que si le capital est versé en une seule fois et si vos cotisations ont bien été déduites. Un transfert mal calibré peut vous faire perdre cet avantage.
Le choix rente ou capital est souvent définitif
Une fois que vous avez opté pour une sortie en rente ou en capital, on ne revient généralement pas en arrière. Comparez bien selon votre besoin de revenu, votre espérance de vie et la protection de votre conjoint avant de décider.
RMC : les versements de votre conjoint ne comptent pas
Seuls les versements faits par la personne personnellement éligible (l'ancien combattant lui-même) sont déductibles. Ceux du conjoint non combattant ne le sont pas. Et la rente de réversion versée au conjoint ne bénéficie pas de l'exonération d'impôt.
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Garder le taux réduit de 7,5 % tout en regroupant sa retraite
Michel, 63 ans, ancien agent territorial, a retrouvé un PREFON ouvert dans les années 1990. Une partie de ses droits date d'avant la bascule de son contrat en PER : sur cette part ancienne, une sortie en capital peut, sous conditions, bénéficier d'un prélèvement réduit de 7,5 % au lieu du barème de l'impôt. Sur, par exemple, 50 000 € de droits anciens sortis en une seule fois, l'option à 7,5 % (calculée après l'abattement de 10 %, soit sur 45 000 €) revient à 3 375 €, contre 13 500 € au barème pour une tranche marginale à 30 % : plus de 10 000 € d'écart sur cette seule part ancienne. Il aimerait tout regrouper sur un seul PER pour simplifier — mais transférer l'ensemble ferait perdre cet avantage rare. La bonne idée : ne transférer que les droits récents et laisser les droits anciens là où ils ouvrent droit au 7,5 %.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller identifie précisément quels droits sont éligibles au 7,5 % (ceux d'avant la bascule PER), chiffre l'écart entre ce taux et le barème, puis séquence le transfert pour ne déplacer que les droits récents. Il rédige ensuite le courrier de transfert calé sur le bon périmètre, car l'option 7,5 % suppose un versement en une seule fois et des cotisations qui ont bien été déduites.
Un ancien combattant qui réduit son impôt ET transmet à ses proches
Jacques, 68 ans, titulaire de la carte du combattant, ignore qu'il peut souscrire une retraite mutualiste du combattant. Ses versements y seraient déductibles de son revenu sans plafond, et sans entamer le plafond commun de ses autres produits retraite — qu'il peut donc continuer à remplir en parallèle. À la retraite, sa rente serait majorée par l'État et exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond annuel. Et s'il choisit la formule à capital réservé plutôt qu'à capital aliéné, un capital reviendra à ses proches à son décès, avec la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie le titre ouvrant droit et calcule le taux de majoration selon le délai depuis l'obtention de la carte, puis cale les versements sur le plafond de la rente majorée pour maximiser à la fois la déduction et l'exonération. Il arbitre entre capital aliéné et capital réservé selon le besoin de revenu, et alerte sur un angle mort : la rente reversée au conjoint, elle, n'est pas exonérée.
Chaque situation est particulière
Vous vous êtes reconnu dans cette fiche ? La prochaine étape est un échange concret, chiffres de votre dossier à l'appui.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- C. mon. fin. art. L224-40
- C. assur. art. L132-23
- CGI art. 81, 12°
- CGI art. 81, 4° bis
- CGI art. 156, II 5°
- CGI art. 163 quatervicies
- CGI art. 990 I
- CGI art. 757 B
- CSS art. L136-1-2
- BOI-IR-BASE-20-60-30
- BOI-RSA-PENS-20-10
- BOI-RSA-PENS-10-20-20
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.