Le PER : baisser vos impôts en préparant votre retraite
Comprendre ce que le PER vous fait gagner aujourd'hui, ce qu'il vous coûtera à la sortie, et quand vous pourrez récupérer votre argent.
Le PER (Plan d'Épargne Retraite, créé par la loi PACTE de 2019) vous permet de déduire vos versements de votre revenu imposable : moins d'impôt tout de suite, en échange d'une épargne bloquée jusqu'à la retraite. À la sortie, l'impôt revient sur le capital que vous avez déduit : c'est un report d'impôt, pas un cadeau, intéressant surtout si votre taux d'imposition baisse à la retraite. Vous pouvez récupérer votre argent plus tôt dans quelques cas précis (achat de votre résidence principale, accidents de la vie).
Êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Ce qu'il faut retenir
Une baisse d'impôt immédiate
Vos versements se soustraient de votre revenu imposable. L'économie = votre versement multiplié par votre tranche d'impôt. Exemple 2026 : un salarié dans la tranche à 41 % qui verse 8 000 € économise 3 280 € d'impôt l'année du versement.
Mais c'est un report, pas un cadeau
À la sortie, l'impôt revient sur le capital que vous avez déduit. Vous y gagnez surtout si votre taux d'imposition est plus bas à la retraite. Dans l'exemple, si vous passez de 41 % à 30 %, le gain réel de taux est de 880 € sur les 8 000 €, auquel s'ajoute ce que votre économie d'impôt a rapporté pendant le placement.
Une limite de versement déductible chaque année
Vous pouvez déduire au maximum 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente. Pour 2026, le plafond monte jusqu'à 37 680 € pour un salarié (minimum garanti 4 710 €). Le plafond non utilisé se reporte sur les 3 années suivantes.
Votre argent est bloqué jusqu'à la retraite
L'épargne est indisponible jusqu'à la liquidation de votre retraite ou l'âge légal : pas de retrait, pas d'avance. En contrepartie, elle est insaisissable pendant cette phase d'épargne.
Vous choisissez capital ou rente à la sortie
À la retraite, vous récupérez votre épargne volontaire en capital (en une fois ou en plusieurs fois), en rente (revenu à vie), ou un mélange des deux.
Si vous n'êtes pas imposable, prévenez-nous avant de verser
Une option de non-déduction existe : dite avant chaque versement, elle rend votre capital exonéré d'impôt à la sortie. Attention : ne pas déduire ne suffit pas, il faut demander l'option par écrit.
Sept cas permettent de débloquer plus tôt
Achat de votre résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de vos droits au chômage, liquidation judiciaire, et le cas du titulaire mineur. Les accidents de la vie sortent sans impôt sur le revenu (seuls les gains supportent les prélèvements sociaux).
Une transmission avantageuse en cas de décès
Sur un PER assurance, le capital revient hors succession à vos bénéficiaires. Avant vos 70 ans, le régime est très favorable (abattement par bénéficiaire). Après 70 ans, la fiscalité devient moins avantageuse : c'est à anticiper.
Ce que le PER vous fait gagner, et ce qu'il vous coûte
Le PER décale l'impôt : vous y gagnez surtout si votre tranche baisse à la retraite.
Source : Gabarit simulation, millésime 2026 : versement 8 000 €, TMI 41 % à l'entrée, 30 % à la sortie
La vie de votre PER, étape par étape
Vous déduisez
Le versement se soustrait de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond.
L'argent est bloqué
Indisponible jusqu'à la retraite, sauf achat de votre résidence principale et accidents de la vie.
L'impôt revient
Vous récupérez en capital, en rente ou un mélange des deux ; l'impôt revient sur le capital déduit.
Transmission
Avant 70 ans : régime favorable ; après 70 ans : nettement moins avantageux, à anticiper.
Le PER est un engagement de long terme : une contrepartie fiscale aujourd'hui, un blocage jusqu'à la retraite.
Source : CGI art. 163 quatervicies ; CMF art. L224-1 ; CGI art. 990 I et 757 B
Déduire vos versements, ou pas ?
Vous déduisez à l'entrée
- Baisse d'impôt immédiate : votre versement multiplié par votre tranche
- Intéressant si vous êtes imposé à 30 %, 41 % ou 45 %
- À la sortie, le capital déduit est imposé
Option de non-déduction
- À demander par écrit avant chaque versement
- Pour un foyer non imposable ou faiblement imposé
- À la sortie, le capital sort sans impôt sur le revenu
Source : CMF art. L224-20 ; BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 110 et § 120
Votre cas, ce que prévoit la règle
Vous versez volontairement sur votre PER
Le versement se déduit de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond, et sans être plafonné avec vos autres avantages fiscaux (niches).
Vous n'êtes pas imposable ou faiblement imposé et vous versez
Demandez l'option expresse de non-déduction auprès du gestionnaire, sinon votre capital sera quand même taxé à la sortie sans que vous ayez profité de l'avantage à l'entrée.
Vous versez plus que votre plafond disponible
La partie en trop n'est ni déductible ni reportable, et sera pourtant taxée à la sortie : double imposition, sauf option de non-déduction.
Vous n'avez pas utilisé tout votre plafond les années passées
Vous pouvez le rattraper : le plafond non utilisé se reporte sur les 3 années suivantes.
Vous êtes marié ou pacsé avec imposition commune
Vous pouvez mutualiser vos deux plafonds (celui inutilisé de l'un profite à l'autre), sur demande expresse (case 6QR).
Vous achetez votre résidence principale
Déblocage possible de votre épargne volontaire et salariale, mais l'argent récupéré est taxé (fiscalité normale de la sortie) et limité à votre apport personnel.
Vous subissez un accident de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de chômage, liquidation judiciaire)
Vous pouvez sortir en capital, sans impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
Vous avez déjà liquidé votre retraite ou atteint l'âge légal
Plus aucun déblocage anticipé n'est possible : pensez à faire votre demande dans un délai raisonnable (environ 2 ans) après l'événement.
Vous détenez un ancien PERP, Madelin ou article 83 à transférer
Le transfert vers un PER ne déclenche aucun impôt, mais n'ouvre droit à aucune nouvelle déduction ; les sommes gardent le régime de leur compartiment d'origine.
Vous décédez avant 70 ans (PER assurance)
Le capital revient hors succession à vos bénéficiaires, avec un abattement par bénéficiaire (prélèvement 990 I).
Vous décédez après 70 ans (PER assurance)
La totalité du capital versé, gains compris, entre dans la succession avec un seul abattement global partagé entre bénéficiaires (art. 757 B) — nettement moins favorable.
Vous êtes mineur
Depuis 2024, on ne peut plus ouvrir de PER individuel pour un mineur ni y faire de nouveaux versements volontaires.
Les erreurs qui coûtent cher
Ne confondez pas économie et report d'impôt
Le PER ne fait pas disparaître l'impôt : il le décale à la sortie. Vous y gagnez seulement si votre tranche d'imposition est plus basse à la retraite qu'aujourd'hui. Comparez toujours les deux avant de verser.
Ne versez pas au-delà de votre plafond sans option
La part qui dépasse votre plafond n'est pas déduite, ne se reporte pas, et sera pourtant taxée à la sortie : vous payez deux fois. Si vous versez sans être imposable, demandez expressément la non-déduction, par écrit, avant chaque versement.
Le déblocage résidence principale n'est pas net d'impôt
L'argent récupéré pour acheter votre logement est imposé et limité à votre apport personnel. Et attention : un achat via une SCI ou en démembrement ne permet pas de débloquer.
Ne laissez pas passer l'âge légal de la retraite
Une fois votre retraite liquidée ou l'âge légal atteint, vous ne pouvez plus invoquer un cas de déblocage anticipé (accident de la vie). Faites votre demande à temps.
Attention au décès après 70 ans
Sur un PER assurance, un décès après 70 ans fait basculer la fiscalité sur la valeur totale du plan (capital et gains). C'est un point à intégrer dans votre stratégie de transmission.
Trois questions pour valider
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
Fiscalement, le PER, c'est quoi ?
Vous n'êtes pas imposable cette année mais vous voulez verser. Que faut-il faire ?
Jusqu'à quel montant un salarié peut-il déduire ses versements en 2026 ?
Là où un conseiller change la donne
Ne jamais toucher à son PER pour le transmettre à ses enfants
Bernard, 69 ans, ancien cadre dirigeant, vit confortablement de sa retraite et de ses revenus locatifs. Son PER, alimenté pendant ses années à haut revenu, il a décidé de ne jamais le liquider. À son décès, le capital ira directement à ses deux enfants, en dehors de la succession, et l'impôt qu'il aurait payé en récupérant lui-même son épargne ne sera alors jamais dû. Le point qu'il a bien compris — et qui piège beaucoup de monde : ce qui décide du régime de transmission, ce n'est pas la date de ses versements, mais son âge au jour de son décès. Selon qu'il disparaît avant ou après 70 ans, ses enfants relèvent du régime le plus doux (abattement par bénéficiaire) ou d'une fiscalité nettement moins favorable portant sur la totalité du plan. C'est un paramètre qui lui échappe : il ne peut ni l'avancer ni le retarder en jouant sur ses versements.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller chiffre l'impôt de sortie ainsi évité, lève l'idée reçue selon laquelle il faudrait « verser avant 70 ans » pour sécuriser la transmission — le basculement dépend de l'âge au décès, hors de son contrôle, pas du calendrier des primes — et concentre l'action sur ce qui, lui, se pilote vraiment : rédiger avec lui la clause bénéficiaire qui oriente précisément le capital et intégrer ce risque de bascule dans sa stratégie de transmission d'ensemble.
Effacer le pic d'impôt d'une année exceptionnelle à deux
Sophie, 47 ans, consultante indépendante, encaisse cette année une prime de cession exceptionnelle qui la propulse dans les tranches d'impôt les plus hautes. Son mari Thomas, salarié, n'a presque jamais utilisé son propre plafond d'épargne retraite ces dernières années. Comme ils sont imposés ensemble, ils peuvent additionner leurs deux plafonds — et récupérer en plus les droits non utilisés des trois années passées — pour que Sophie verse une somme importante et déductible sur son PER, pile l'année où son impôt grimpe.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller reconstitue le disponible fiscal réel des deux conjoints (plafond de l'année, reports des trois ans, correction du montant prérempli souvent faux), coche la case de mutualisation dans la déclaration et calibre le versement pour absorber le pic sans dépasser le plafond.
Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 163 quatervicies
- CGI art. 154 bis
- CGI art. 158, 5-b quinquies
- CGI art. 81, 4° bis
- CGI art. 990 I
- CGI art. 757 B
- CMF art. L224-1
- CMF art. L224-4
- CMF art. L224-20
- CMF art. L224-40
- Cass. civ. 2, 18 avr. 2019, n° 17-21.189
- Loi 2019-486 du 22 mai 2019 (loi PACTE), art. 71
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.