Prélèvement à la source : comment est calculé mon taux ?
Comprendre votre taux, ajuster vos prélèvements et éviter les mauvaises surprises de septembre.
Depuis 2019, votre impôt sur le revenu est prélevé au fil de l'eau : soit retenu sur votre salaire ou votre pension, soit prélevé sur votre compte bancaire (indépendants, loyers). Le montant total de votre impôt ne change pas, mais vous pouvez ajuster votre taux quand votre situation évolue. L'essentiel : déclarer vos changements de vie sous 60 jours et vérifier votre taux à la rentrée.
Les repères à garder en tête
Votre situation est-elle concernée ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
À comprendre avant d'agir
Deux façons d'être prélevé, un seul impôt
Si vous êtes salarié ou retraité, votre impôt est retenu directement sur votre revenu par votre employeur ou votre caisse. Si vous êtes indépendant ou que vous touchez des loyers, il est prélevé sur votre compte bancaire le 15 de chaque mois (ou par trimestre sur option). Dans les deux cas, vous payez le même impôt au total.
Votre taux est calculé AVANT vos réductions et crédits d'impôt
Le taux appliqué correspond à votre impôt avant prise en compte de vos avantages fiscaux (dons, emploi à domicile, etc.). C'est pour cela qu'il peut sembler plus élevé que votre impôt final. La différence vous est remboursée plus tard, et une avance de 60 % vous est versée dès le 1er mars.
En couple, trois taux possibles depuis septembre 2025
Par défaut, chacun des deux conjoints a maintenant son propre taux calculé sur ses revenus personnels (les revenus communs, comme les loyers, restent au taux du foyer). Vous pouvez à tout moment revenir au taux du foyer, unique pour le couple, ou choisir le taux neutre : voilà les trois taux possibles. Aucun de ces choix ne change le montant total payé, seulement sa répartition entre vous deux.
Le taux neutre pour rester discret vis-à-vis de l'employeur
Si vous ne voulez pas que votre employeur connaisse votre taux personnel, vous pouvez demander le taux neutre, qui dépend seulement du montant de votre salaire. Attention : s'il prélève moins que votre impôt réel, vous devrez verser le complément vous-même.
Le taux nul : zéro prélèvement si vous n'êtes pas imposable
Si vous n'avez pas été imposable les deux dernières années et que vos revenus restent sous un certain plafond, vous n'avez aucun prélèvement. Rien n'est immobilisé sur votre compte inutilement.
Baisser votre taux : possible, mais sous condition des 5 %
Vous pouvez toujours augmenter votre taux librement pour lisser votre impôt. Pour le baisser, il faut que votre prélèvement estimé soit inférieur de plus de 5 % au prélèvement actuel. Si vous baissez trop et à tort, vous risquez une majoration (pénalité).
Changement de vie : déclarez sous 60 jours
Après un mariage, un PACS, une naissance, un divorce ou un décès, vous avez 60 jours pour le déclarer. Pas d'amende si vous oubliez, mais tant que ce n'est pas fait, vous ne pouvez pas baisser votre prélèvement. Le nouveau taux s'applique au plus tard le 3e mois.
Déclarer reste obligatoire, avec un solde en septembre
Le prélèvement à la source ne remplace pas votre déclaration : en mai, vous déclarez vos revenus de l'année précédente. En septembre, vous payez le complément éventuel ou vous êtes remboursé du trop-versé.
Votre année de prélèvement à la source
L'avance de 60 %
Si vous avez des réductions ou crédits d'impôt récurrents, 60 % de l'avantage vous sont versés au plus tard le 1er mars.
Vous déclarez vos revenus
Le prélèvement à la source ne vous dispense pas de déclarer : en mai, vous déclarez les revenus de l'année précédente.
Nouveau taux et solde
Un taux recalculé s'applique et vous payez le complément éventuel, ou vous êtes remboursé du trop-versé.
Trois rendez-vous rythment votre impôt chaque année : notez-les pour éviter les surprises.
Source : CGI art. 204 A ; CGI art. 1665 bis ; BOI-IR-PAIE-20
Augmenter ou baisser votre taux : deux règles différentes
Augmenter votre taux
- Libre et sans condition, à tout moment
- Effet au plus tard le 3e mois
- Utile pour lisser votre impôt et alléger le solde de septembre
Baisser votre taux
- Autorisé seulement si l'écart dépasse 5 %
- Jamais au motif de vos réductions ou crédits d'impôt
- Risque de majoration si vous baissez trop et à tort
Une baisse mal calculée peut vous coûter une pénalité : gardez une trace de votre estimation.
Source : CGI art. 204 J, II et III ; CGI art. 1729 G
Le seuil pour baisser votre taux a changé
Depuis 2023, il suffit d'un écart de 5 % (au lieu de 10 %) : plus de situations permettent une baisse.
Source : CGI art. 204 J, III, 1 ; Loi de finances 2023, art. 3
Votre cas, ce que prévoit la règle
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous êtes salarié ou retraité | L'impôt est retenu directement sur votre salaire ou votre pension par l'organisme qui vous paie. | CGI art. 204 B ; BOI-IR-PAS-10-10-10 |
| Vous êtes indépendant ou vous touchez des loyers | L'impôt est prélevé sur votre compte le 15 du mois, ou par trimestre (15 février, mai, août, novembre) sur option. | CGI art. 204 C ; CGI art. 1663 C |
| Vous réalisez une plus-value, touchez un revenu exceptionnel ou des dividendes/intérêts | Ces revenus ne sont pas prélevés à la source : vous les payez au solde l'année suivante. | CGI art. 204 D ; BOI-IR-PAS-10-20 |
| Vous êtes marié ou pacsé (imposition commune) | Depuis le 1er sept. 2025, chacun a son taux individualisé d'office sur ses revenus personnels ; option pour le taux du foyer possible. | CGI art. 204 E ; CGI art. 204 M ; BOI-IR-PAS-20-20-20 |
| Vous ne voulez pas transmettre votre taux à l'employeur | Vous êtes au taux neutre, calculé sur le seul montant du revenu ; complément à verser s'il prélève trop peu. | CGI art. 204 H, III ; BOI-IR-PAS-20-20-30-10 |
| Vous n'étiez pas imposable les deux dernières années et vos revenus sont sous le plafond | Taux nul : aucun prélèvement. | CGI art. 204 H, II ; BOI-IR-PAS-20-20-10 |
| Vos revenus augmentent en cours d'année | Vous pouvez augmenter votre taux librement, sans condition ; effet au plus tard le 3e mois. | CGI art. 204 J, II ; BOI-IR-PAS-20-30-20-20 |
| Vos revenus baissent en cours d'année | Vous pouvez baisser votre taux seulement si l'écart dépasse 5 % ; jamais au motif de réductions ou crédits d'impôt. | CGI art. 204 J, III, 1 ; BOI-IR-PAS-20-30-20-10 |
| Vous baissez votre taux trop fortement et à tort | Vous risquez une majoration si le prélèvement réel dépasse de plus de 5 % ce que vous aviez estimé (sauf bonne foi). | CGI art. 1729 G |
| Vous vous mariez, pacsez, divorcez, avez un enfant ou perdez votre conjoint | Déclarez sous 60 jours ; sans déclaration, pas d'amende mais impossible de baisser votre prélèvement. | CGI art. 204 I ; BOI-IR-PAS-20-30-10 |
| Vous bénéficiez d'une réduction ou d'un crédit d'impôt récurrent | Une avance de 60 % vous est versée au plus tard le 1er mars ; renonçable si l'avantage a cessé. | CGI art. 1665 bis |
Les pièges à éviter
N'attendez pas plus de 60 jours après un changement de vie
Mariage, naissance, divorce, décès : tant que vous n'avez pas déclaré l'événement, vous ne pouvez pas faire baisser votre prélèvement, même si vos charges augmentent. Il n'y a pas d'amende, mais vous perdez ce levier.
Ne baissez pas votre taux à cause de vos réductions ou crédits d'impôt
C'est interdit : votre taux est calculé avant ces avantages, qui vous sont rendus plus tard via l'avance de 60 % et le remboursement de septembre. Baisser pour cette raison vous expose à une majoration.
Vérifiez le seuil des 5 % avant toute demande de baisse
Estimez sérieusement vos revenus de l'année : si vous baissez trop et que l'impôt réellement dû dépasse de plus de 5 % votre estimation, vous risquez une pénalité. Gardez une trace de votre calcul.
Pilotez votre avance de 60 % si un avantage a pris fin
Si un dispositif s'est terminé (par exemple la fin d'un engagement locatif), pensez à renoncer ou diminuer l'avance versée en janvier, sinon vous devrez rembourser le trop-perçu en septembre.
Le prélèvement à la source ne vous dispense pas de déclarer
Vous devez toujours faire votre déclaration en mai. C'est elle qui détermine le solde à payer ou le remboursement en septembre.
Trois questions pour valider
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
Sous quel délai devez-vous déclarer un changement de situation comme un mariage ou une naissance ?
De combien votre écart estimé doit-il dépasser pour avoir le droit de baisser votre taux ?
Votre taux de prélèvement à la source est calculé :
Des cas concrets à travailler ensemble
Ses réductions d'impôt ne feront pas baisser son taux de prélèvement
Sophie, 45 ans, cadre supérieure, est fortement imposée et bénéficie chaque année de plusieurs réductions et crédits d'impôt. En regardant son bulletin, elle trouve son taux de prélèvement bien plus élevé que l'impôt qu'elle finit réellement par payer, et elle est tentée de demander à le faire baisser en mettant en avant ces avantages fiscaux. Or son taux est calculé avant ses réductions et crédits d'impôt : c'est précisément pour cela qu'il paraît élevé. La loi interdit d'ailleurs de le moduler à la baisse à ce motif. Ce qu'elle « avance » ainsi ne se perd pas : une avance de 60 % lui est versée au plus tard le 1er mars, puis le compte est soldé lors de la régularisation de septembre de l'année suivante.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller explique pourquoi le taux paraît élevé — il est calculé avant les réductions et crédits d'impôt — et rappelle qu'aucune baisse ne peut être demandée à ce seul titre, sous peine de majoration. Il resitue le calendrier qui rend l'avantage : l'avance de 60 % au 1er mars, puis la régularisation de septembre de l'année suivante. Ce n'est qu'en cas de vraie baisse de ses revenus qu'une modulation devient envisageable, à condition que l'écart dépasse le seuil de 5 % ; il documente alors l'estimation pour écarter tout risque de majoration.
Vendre son entreprise : anticiper la note d'impôt de septembre
Bernard, 61 ans, vend l'entreprise qu'il a bâtie et cesse de se verser une rémunération. Son taux de prélèvement, calculé sur ses anciens salaires, va mécaniquement chuter — et il pourrait être tenté de le ramener à zéro. Mais la plus-value de cession n'est pas prélevée à la source : elle sera réclamée d'un seul coup l'année suivante, à l'automne. Sans provision, ce simple décalage de calendrier se transforme en très mauvaise surprise de septembre.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller cartographie précisément ce qui reste prélevé à la source et ce qui tombera au solde de septembre de l'année suivante, chiffre la somme à mettre de côté, et évite de baisser le taux à tort — une baisse excessive exposant à une majoration.
Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 204 A
- CGI art. 204 B
- CGI art. 204 C
- CGI art. 204 D
- CGI art. 204 E
- CGI art. 204 H
- CGI art. 204 I
- CGI art. 204 J
- CGI art. 204 M
- CGI art. 1663 C
- CGI art. 1665 bis
- CGI art. 1729 G
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.