Combien de parts fiscales pour mon foyer ?
Comprendre vos parts, vos demi-parts en plus, et choisir chaque année entre rattacher votre enfant majeur ou lui verser une pension.
Votre impôt sur le revenu dépend d'un nombre de parts : plus votre foyer compte de personnes à charge, plus l'impôt est allégé, mais cet avantage est plafonné. Cette fiche vous aide à compter vos parts et vos demi-parts supplémentaires, et à décider chaque année si votre enfant majeur reste rattaché à votre foyer ou s'il déclare seul avec une pension. Le choix n'est jamais figé : il se réexamine à chaque déclaration.
En chiffres
Les points clés, en clair
Votre nombre de parts de base
Si vous êtes célibataire, divorcé(e) ou veuf(ve) sans personne à charge : 1 part. Si vous êtes marié(e) ou pacsé(e) : 2 parts. Chacun de vos deux premiers enfants ajoute une demi-part (0,5) ; à partir du troisième, chaque enfant ajoute une part entière.
Vos enfants comptés automatiquement
Un enfant mineur célibataire est rattaché de plein droit, sans démarche. Un enfant en situation de handicap est à votre charge sans limite d'âge et vous ouvre en plus une demi-part supplémentaire.
L'enfant majeur : un choix chaque année
Un enfant célibataire de moins de 21 ans (ou moins de 25 ans s'il est étudiant) peut être rattaché à votre foyer, mais sur option : il faut une demande écrite sur papier libre, à conserver. Il ne peut se rattacher qu'à un seul foyer.
Rattacher OU verser une pension, pas les deux
Vous ne pouvez pas à la fois rattacher votre enfant majeur et déduire une pension alimentaire que vous lui versez. Il faut choisir l'option la plus avantageuse et la comparer chiffres en main.
Si votre enfant est marié ou a lui-même un enfant
Son rattachement ne vous donne alors PAS de part en plus, mais un abattement sur votre revenu imposable (une somme retranchée de votre revenu avant impôt, à ne pas confondre avec une réduction d'impôt) : un abattement par personne rattachée. Si votre enfant rattaché a lui-même un enfant, cela fait deux abattements.
La demi-part parent isolé (case T)
Si vous êtes célibataire, divorcé(e) ou séparé(e), que vous vivez seul(e) et avez au moins un enfant à charge : +0,5 part. En cas de garde partagée d'un enfant unique, c'est +0,25 part. Recevoir une pension alimentaire ne vous prive pas de l'avantage si vous assumez la charge à titre principal.
La demi-part « vivre seul » (case L)
Réservée aux personnes seules sans personne à charge qui ont élevé seules un enfant pendant au moins 5 ans : +0,5 part. « Vivre seul » veut dire hors mariage, PACS ET concubinage. Joignez une déclaration sur l'honneur.
L'avantage est plafonné
L'économie d'impôt liée à vos demi-parts supplémentaires ne peut pas dépasser un plafond légal par demi-part. L'administration recalcule votre impôt comme si vous aviez 1 part (seul) ou 2 parts (couple) et limite l'écart au plafond.
Combien de parts s'ajoutent avec vos enfants ?
À partir du 3e enfant, chaque enfant compte double et allège davantage votre impôt.
Source : CGI art. 194, I ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-10
Enfant majeur : le rattacher ou lui verser une pension ?
Le rattacher à votre foyer
- Vous gardez une demi-part ou une part en plus (ou un abattement s'il est marié)
- Ses propres revenus s'ajoutent à ceux de votre foyer
- Une demande écrite sur papier libre est à conserver
Lui verser une pension alimentaire
- L'enfant déclare seul, de son côté
- Vous déduisez la pension de votre revenu imposable
- Impossible de cumuler avec le rattachement
Source : CGI art. 6, 3 ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-30
Jusqu'à quel âge un enfant compte-t-il dans votre foyer ?
Compté automatiquement
Un enfant célibataire mineur est rattaché de plein droit, sans aucune démarche.
Sur simple option
Un enfant célibataire majeur de moins de 21 ans peut être rattaché, sur demande écrite.
Rattachement prolongé
S'il poursuit ses études, le rattachement reste possible jusqu'à moins de 25 ans.
Enfant en situation de handicap
Il reste à votre charge quel que soit son âge, avec une demi-part supplémentaire.
Au-delà de ces âges, l'enfant déclare seul ses revenus.
Source : CGI art. 196 et 6, 3 ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-20
Ce qui s'applique selon votre situation
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous êtes célibataire, divorcé(e) ou veuf(ve) sans personne à charge | 1 part fiscale | CGI art. 194, I ; BOI-IR-LIQ-10-20-10 |
| Vous êtes marié(e) ou pacsé(e), imposition commune | 2 parts, +0,5 part par enfant pour les 2 premiers, +1 part dès le 3e enfant | CGI art. 194, I ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-10 |
| Votre enfant est célibataire et mineur | Rattaché à votre foyer automatiquement (de plein droit) | CGI art. 196 ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-10 |
| Votre enfant est en situation de handicap (infirme) | À charge sans condition d'âge + une demi-part supplémentaire | CGI art. 196 A bis ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-20 |
| Votre enfant est célibataire, majeur, moins de 21 ans (ou moins de 25 ans étudiant) | Rattachement possible sur option, demande sur papier libre, à un seul foyer | CGI art. 6, 3 ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-20 |
| Votre enfant rattaché est marié, pacsé ou a lui-même un enfant | Pas de part en plus mais un abattement sur votre revenu, un par personne rattachée | CGI art. 196 B ; BOI-IR-BASE-40 |
| Vous vivez seul(e) avec au moins un enfant à charge (parent isolé, case T) | +0,5 part ; +0,25 part si enfant unique en garde partagée | CGI art. 194, II ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-10 |
| Vous vivez seul(e), sans charge, et avez élevé seul(e) un enfant au moins 5 ans (case L) | +0,5 part ; « vivre seul » = hors mariage, PACS et concubinage | CGI art. 195, 1-a ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-10 |
| Vous avez une carte d'invalidité ≥ 80 % ou une pension d'invalidité ≥ 40 % (case P) | +0,5 part ; +1 part si les deux conjoints sont invalides | CGI art. 195, 1-c, d, d bis et 4 ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-20 |
| Vous remplissez plusieurs cases parmi P, L, G, W | Une seule demi-part supplémentaire : elles ne se cumulent pas | RM Dupont 24 juin 2025 ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-20 |
| Vous vous mariez, pacsez, divorcez ou perdez votre conjoint dans l'année | Situation appréciée au 31 décembre si c'est plus favorable, sinon au 1er janvier | CGI art. 196 bis ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-10 |
| Vos enfants mineurs sont en résidence alternée | Majoration de parts ET plafonds partagés par moitié entre les deux parents | CGI art. 194, I ; BOI-IR-LIQ-10-20-20-10 |
Les erreurs qui coûtent cher
Ne cumulez pas rattachement et pension
Vous devez choisir : soit vous rattachez votre enfant majeur, soit vous déduisez la pension que vous lui versez. Les deux ensemble sont interdits. Comparez le résultat des deux options avant de décider.
N'oubliez pas que les revenus de votre enfant s'ajoutent aux vôtres
Si vous rattachez votre enfant majeur, ses propres revenus s'ajoutent à ceux de votre foyer. Un enfant qui gagne bien sa vie peut faire monter votre impôt : ce n'est pas toujours le choix gagnant.
Conservez vos justificatifs
Gardez la demande de rattachement écrite sur papier libre, et joignez une déclaration sur l'honneur pour la demi-part « vivre seul » (case L). En cas de contrôle, c'est votre preuve.
Une seule demi-part si plusieurs cases
Si vous cochez plusieurs cases parmi invalidité (P), vivre seul (L), veuve de guerre (G) ou ancien combattant (W), vous n'obtenez qu'une seule demi-part supplémentaire, pas plusieurs.
Le choix se refait chaque année
Rattacher ou détacher votre enfant majeur est une option annuelle. Ce qui était avantageux cette année peut ne plus l'être l'an prochain, notamment si ses revenus ou votre situation changent.
Là où un conseiller change la donne
Rattacher son enfant marié qui attend un bébé : deux abattements
Sophie, 54 ans, cadre, est imposée dans une tranche élevée. Sa fille Léa, 23 ans, s'est mariée cette année et attend son premier enfant. Sophie pense que, mariée, Léa a forcément quitté son foyer fiscal. En réalité, Léa et son jeune ménage peuvent demander à rester rattachés : cela n'ajoute aucune part, mais ouvre un abattement sur le revenu de Sophie par personne rattachée — soit deux abattements dès la naissance du bébé. C'est un levier que beaucoup de parents ignorent.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller compare chiffres en main les trois options (rattachement, pension alimentaire déductible, détachement sec), rappelle que le rattachement d'un enfant marié ou déjà parent n'ajoute pas de part mais ouvre un abattement sur le revenu par personne rattachée, et rédige la demande de rattachement sur papier libre à conserver.
Héberger un proche sans perdre sa demi-part « vivre seul »
Marc, 62 ans, divorcé, a élevé seul son fils pendant toute sa minorité. Ce fils est parti depuis, et Marc bénéficie de la demi-part « vivre seul » (case L). Cette année, il héberge gracieusement un ami qui traverse une période difficile. Marc croit avoir perdu son avantage parce qu'il ne « vit plus seul ». Or héberger quelqu'un à titre gracieux ne vaut pas concubinage : la demi-part peut être maintenue.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller sécurise la demi-part : déclaration sur l'honneur, vérification que la condition d'avoir élevé seul l'enfant pendant au moins cinq ans est bien remplie — en ne décomptant que les années où l'enfant était mineur, comme l'exige le Conseil d'État —, et constitution d'un dossier de preuve prêt si l'administration venait à contester le maintien de l'avantage.
Chaque situation est particulière
Vous vous êtes reconnu dans cette fiche ? La prochaine étape est un échange concret, chiffres de votre dossier à l'appui.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 194
- CGI art. 195
- CGI art. 196
- CGI art. 196 A bis
- CGI art. 196 B
- CGI art. 196 bis
- CGI art. 197, I, 2
- CGI art. 6, 3
- CGI art. 157 bis
- BOI-IR-LIQ-10-20-20-10
- BOI-IR-BASE-40
- Brochure pratique de l'impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025), DGFiP
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.