Comment mon impôt sur le revenu est-il calculé ?
Vous comprenez, étape par étape, comment on passe de vos revenus à l'impôt que vous payez réellement, et pourquoi votre « tranche » ne s'applique pas à tout votre revenu.
L'impôt sur le revenu s'applique à l'ensemble des revenus annuels de votre foyer, selon un barème par tranches (0, 11, 30, 41 et 45 %). Votre revenu imposable est d'abord divisé par votre nombre de parts (votre situation familiale), puis le barème s'applique, avant plusieurs corrections (plafonnement des parts, décote, réductions et crédits d'impôt). Point clé : le taux de votre tranche la plus haute ne frappe que la partie de vos revenus qui dépasse le seuil de cette tranche, pas la totalité.
Votre situation est-elle concernée ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les chiffres à connaître
L'essentiel à retenir
Un barème à cinq taux, appliqué par tranches
Vos revenus sont imposés progressivement à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % puis 45 %. Seule la part de vos revenus qui tombe dans une tranche est taxée au taux de cette tranche. Votre TMI (taux de votre dernière tranche) n'est donc pas le taux appliqué à tout votre revenu.
Le calcul se fait en trois temps
On divise votre revenu imposable par votre nombre de parts, on applique le barème au résultat, puis on multiplie par le nombre de parts. C'est ce mécanisme (le quotient familial) qui fait qu'un même revenu est moins taxé pour une famille que pour une personne seule.
Vos parts dépendent de votre foyer
Une seule déclaration regroupe vous, votre conjoint ou partenaire de PACS et les personnes à charge. Votre situation de famille est en principe figée au 31 décembre de l'année.
L'avantage familial est plafonné
Le gain apporté par chaque demi-part supplémentaire est limité à un montant maximal fixé chaque année. Au-delà, l'avantage est ramené à ce plafond (des plafonds particuliers existent pour parent isolé, invalidité, ancien combattant).
De vos revenus à l'impôt que vous payez
Votre revenu imposable
On additionne tous les revenus nets de votre foyer, puis on retire les charges déductibles (pension alimentaire, versements retraite déductibles...).
Division par vos parts
Ce revenu est divisé par le nombre de parts de votre foyer (le quotient familial), qui dépend de votre situation de famille.
Application du barème
Le barème progressif (taux de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % puis 45 %) s'applique au résultat, tranche par tranche.
Multiplication par vos parts
On multiplie le résultat par le nombre de parts : c'est ce mécanisme qui allège l'impôt d'une famille par rapport à une personne seule.
Plafonnement, décote, réductions, crédits
L'impôt est ajusté dans cet ordre : plafonnement de l'avantage familial, décote pour les petits impôts, puis vos réductions et crédits d'impôt.
L'impôt que vous devez
Sous un certain seuil, l'impôt n'est même pas mis en recouvrement : vous n'avez rien à payer.
Votre impôt n'est pas un simple pourcentage de vos revenus : il passe par toutes ces étapes.
Source : CGI art. 193 et 197 ; BOI-IR-LIQ-20-10
Les erreurs qui coûtent cher
Ne confondez pas votre tranche et votre taux réel
Être « dans la tranche à 30 % » ne veut pas dire payer 30 % de tous vos revenus : ce taux ne frappe que la part qui dépasse le seuil de la tranche. Votre taux moyen réel est souvent bien plus bas.
Les seuils changent chaque année
Les limites des tranches, les plafonds de parts et la décote sont réindexés chaque année par la loi de finances. Ne raisonnez jamais avec les chiffres de l'an dernier : demandez le barème de l'année en cours.
Une réduction d'impôt peut être perdue
Si vous n'êtes pas (ou peu) imposable, une réduction d'impôt ne vous rapporte rien, contrairement à un crédit d'impôt qui est remboursé. Vérifiez la nature de l'avantage avant d'investir pour « défiscaliser ».
Des cas concrets à travailler ensemble
Parti à l'étranger, taxé au minimum de 20 % sur ses revenus français
Pierre, 63 ans, s'installe au Portugal pour sa retraite. Mais l'essentiel de ses revenus reste français : les loyers d'un appartement à Lyon et sa pension de retraite. Devenu non-résident, il découvre que l'administration lui applique un taux minimum de 20 % sur ces revenus. Ce qu'il ignore : parce que plus de 75 % de ses revenus restent de source française, il peut demander à être imposé comme un résident — avec le barème normal, ses parts de quotient familial et la décote. Le calcul de l'impôt peut alors changer du tout au tout.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie que le seuil des 75 % (ou 50 % dans certains cas) est bien atteint, réunit les justificatifs du revenu mondial, compare les deux calculs d'impôt chiffrés, puis rédige et sécurise la demande auprès de l'administration.
Donner ses parts de SCI en cours d'année : qui paie l'impôt ?
Sophie, 55 ans, veut donner à sa fille la moitié des parts de sa SCI familiale, qui perçoit des loyers toute l'année. Elle imagine que, l'année de la donation, chacune sera imposée sur les loyers au prorata de sa durée de détention. En réalité, seul l'associé présent à la clôture de l'exercice supporte l'impôt sur la totalité du résultat de l'année. Selon que la donation a lieu en janvier ou en décembre, ce n'est donc pas la même personne qui règle l'impôt sur douze mois de loyers.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller cale la date de la donation sur la clôture de l'exercice, chiffre qui supportera le revenu foncier, écarte toute répartition sur mesure des résultats (risque de requalification en abus de droit) et fait acter la date d'effet de la cession.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 1 A
- CGI art. 4 A
- CGI art. 4 B
- CGI art. 6
- CGI art. 8
- CGI art. 12
- CGI art. 193
- CGI art. 197 (I, 1 / 2 / 4°) et 197 A
- CGI art. 200-0 A
- CGI art. 1657
- BOI-IR-LIQ-20-10 / 20-20-20 / 20-20-30
- BOI-IR-CHAMP-10 et CHAMP-20
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.