Vendre bijoux, or ou cryptos : quel impôt sur le gain ?
Comprendre en clair quel impôt s'applique quand vous revendez un objet précieux, un bien meuble ou des crypto-actifs, et comment ne pas payer plus que nécessaire.
Quand vous revendez, à titre privé, autre chose qu'un logement ou des actions — un tableau, un lingot, un bateau, du bitcoin — le gain peut être imposé. Trois régimes différents existent selon la nature du bien (vous ne choisissez pas), avec chacun ses exonérations. Bien conserver vos factures d'achat et votre historique change souvent l'impôt du tout au tout.
Votre situation est-elle concernée ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les chiffres à connaître
Ce qu'il faut retenir
C'est la nature du bien qui décide, pas vous
Trois régimes séparés s'appliquent selon ce que vous vendez : biens meubles ordinaires, objets précieux (taxe forfaitaire sur le prix), ou actifs numériques. Un bijou destiné à la fonte reste taxé comme un bijou, l'administration ne peut pas le requalifier en simple métal précieux.
Sous 5 000 €, souvent rien à payer
Pour un bien meuble (hors métaux précieux) vendu à 5 000 € ou moins, le gain est exonéré, et cela s'apprécie cession par cession. Même seuil de 5 000 € pour les bijoux, objets d'art, de collection ou d'antiquité, apprécié objet par objet. Attention : ce seuil ne joue jamais pour les métaux précieux (or, argent), taxés quel que soit le prix.
Après 22 ans de détention, biens meubles exonérés
Sur le régime des plus-values de biens meubles, un abattement s'applique par année de détention au-delà de la 2e, jusqu'à une exonération totale au bout de 22 ans. Exemple du document : un bijou de famille vendu 40 000 €, acheté 12 000 € il y a 30 ans, est totalement exonéré si vous optez pour ce régime.
Objets précieux : une taxe sur le prix, pas sur le gain
Par défaut, la vente d'or, de bijoux ou d'objets d'art est soumise à une taxe forfaitaire calculée sur le prix de vente (plus une CRDS de 0,5 %), même si vous n'avez fait aucun bénéfice. Vous pouvez sous conditions opter pour être imposé sur le vrai gain à la place.
Or, bijoux, objets d'art : deux façons d'être imposé
Taxe forfaitaire (par défaut)
- Calculée sur le prix de vente, pas sur votre gain
- Due même si vous n'avez rien gagné
- S'ajoute une CRDS de 0,5 %
Option pour le régime des plus-values
- Calculée sur votre vrai gain (prix de vente moins prix d'achat)
- Réduction pour la durée de détention, jusqu'à l'exonération à 22 ans
- Possible si vous prouvez la date et le prix d'achat, choix définitif
L'option est surtout intéressante si votre gain est faible ou si vous détenez le bien depuis longtemps ; une fois choisie, elle est irrévocable.
Source : CGI art. 150 VI et 150 VL ; BOI-RPPM-PVBMC-20-20, § 50
Ce qui piège le plus souvent
Ne comptez pas sur le seuil de 5 000 € pour l'or
Le seuil d'exonération ne joue jamais pour les métaux précieux : un lingot ou des pièces d'or sont taxés dès le premier euro. Ne confondez pas avec les bijoux, qui eux profitent du seuil.
Une seule grosse vente de crypto peut tout faire basculer
Si vous dépassez 305 € de ventes crypto sur l'année, ce ne sont pas seulement les euros au-dessus qui sont taxés : toutes vos ventes de l'année, même les plus petites, deviennent imposables. Surveillez votre cumul annuel.
Tracez vos arbitrages crypto même s'ils ne sont pas taxés
Les échanges crypto-contre-crypto ne déclenchent pas d'impôt, mais ils doivent être documentés : sans historique complet depuis 2019, votre prix d'achat peut être ramené à zéro et l'impôt explose. Conservez tous vos exports de plateformes.
Des cas concrets à travailler ensemble
Trier un héritage d'objets précieux : ce qui échappe à la taxe, et ce qui n'y échappe jamais
Sylvie, 58 ans, hérite d'un lot hétéroclite — plusieurs bijoux anciens et deux lingots d'or — et veut tout revendre. Réflexe naturel : céder l'ensemble d'un coup au même acheteur. Mais chaque catégorie suit sa propre règle. Un bijou vendu à 5 000 € ou moins échappe à la taxe, et ce seuil s'apprécie objet par objet — sauf pour une paire ou un ensemble, appréciés d'un bloc. Les lingots d'or, eux, ne profitent jamais de ce seuil : ils sont taxés dès le premier euro. Et si un acheteur propose de racheter un bijou « au poids » pour le fondre, la vente reste taxée comme un bijou : l'administration ne la requalifie pas en simple métal.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller ventile le lot pièce par pièce, sépare ce qui relève du seuil de 5 000 € de ce qui en est exclu, évite de casser le seuil en cédant une paire d'un seul tenant, et réunit les preuves de détention qui permettront, sur les pièces les plus anciennes, d'arbitrer entre la taxe forfaitaire et l'imposition sur le vrai gain.
Revendre ses cryptos en euros après des années d'arbitrages
Karim, 29 ans, a acheté ses premières cryptos en 2019, puis multiplié les échanges d'une crypto à une autre sans jamais repasser par l'euro. Aujourd'hui il veut en revendre une partie pour l'apport de son appartement et cède 50 000 € de crypto-actifs contre des euros. Bonne nouvelle : tant qu'il n'a pas touché d'argent, ses arbitrages n'ont rien déclenché — ils étaient en sursis. Mais le jour où il vend contre des euros, l'impôt ne se calcule pas ligne par ligne : il faut reconstituer tout son portefeuille depuis 2019. Avec ses exports de plateformes, la fraction de prix d'acquisition imputable à cette cession ressort à 35 000 € : sa plus-value est de 15 000 €, imposée à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), soit 4 710 €. Sans cet historique, son prix d'acquisition est réputé nul : il serait alors taxé sur la totalité des 50 000 €, soit 15 700 € — près de 11 000 € d'écart pour un même encaissement, sans avoir gagné un euro de plus.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller reconstitue le portefeuille complet à partir des exports de plateformes, applique la formule légale du portefeuille pour isoler la part d'acquisition imputable à la cession, sécurise ainsi le prix d'acquisition (qui évite la taxation sur la totalité du prix de vente), puis arbitre entre le taux forfaitaire et le barème progressif selon la tranche marginale de Karim l'année de la vente.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 150 UA
- CGI art. 150 VB
- CGI art. 150 VC
- CGI art. 150 VD
- CGI art. 150 VI
- CGI art. 150 VL
- CGI art. 150 VH bis
- CGI art. 200 C
- CGI art. 34
- BOI-RPPM-PVBMC-10
- BOI-RPPM-PVBMC-20-10
- BOI-RPPM-PVBMC-30-10
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.