Comment sont imposés vos dividendes et vos intérêts ?
Comprendre la « flat tax » de 30 %, savoir quand choisir le barème, et éviter de payer trop d'avance sur vos placements.
Les revenus de vos placements financiers (dividendes d'actions, intérêts d'obligations ou de comptes à terme) sont imposés par défaut à un taux unique de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux. Chaque année, vous pouvez choisir à la place le barème de l'impôt, qui donne droit à un abattement de 40 % sur les dividendes mais s'applique alors à tous vos revenus de ce type. Une avance d'impôt (12,8 %) est prélevée automatiquement au moment du versement : vous pouvez en être dispensé si vos revenus sont modestes, à condition d'en faire la demande avant le 30 novembre.
Les montants clés du millésime 2026
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Ce qu'il faut retenir
Par défaut : 30 % au total
Sans démarche de votre part, vos dividendes et intérêts sont taxés à 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux. Exemple : sur 3 000 € d'intérêts, vous payez 384 € d'impôt et 516 € de prélèvements sociaux, soit 900 € au total. Aucun abattement, aucun frais déductible dans ce cas.
L'abattement de 40 % existe seulement au barème
Si vous choisissez le barème de l'impôt, vos dividendes ne sont imposés que sur 60 % de leur montant : 40 % sont effacés. Sur 10 000 € de dividendes, seuls 6 000 € sont soumis à l'impôt sur le revenu. Attention : cet abattement ne s'applique jamais aux intérêts, et jamais si vous restez à la flat tax.
Le choix du barème est global et définitif
En cochant la case 2OP, vous appliquez le barème à tous vos revenus de placements ET à toutes vos plus-values de vente de titres de l'année : impossible de panacher. Une fois votre déclaration close, le choix est irrévocable pour l'année.
Une avance d'impôt prélevée au versement
Au moment où on vous verse un dividende ou un intérêt, la banque prélève d'office 12,8 % : ce n'est pas un impôt en plus, c'est une avance sur votre impôt final. Si vous avez trop versé, le trop-payé vous est restitué (case 2CK sur votre déclaration).
Dispense possible pour les revenus modestes
Vous pouvez éviter cette avance de 12,8 % si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est sous les seuils : 50 000 € (seul) / 75 000 € (couple) pour les dividendes, 25 000 € / 50 000 € pour les intérêts. Les deux seuils sont différents, ne les confondez pas.
Les prélèvements sociaux (17,2 %) sont toujours dus
Quel que soit votre choix, les 17,2 % de prélèvements sociaux sont calculés sur le montant brut et retenus à la source. Il n'y a aucune dispense possible sur cette partie, même pour les foyers modestes.
Le barème permet aussi de déduire une part de CSG
Si vous optez pour le barème, une fraction de la CSG payée devient déductible de vos revenus de l'année suivante (case 2BH). Au contraire, à la flat tax, aucune CSG n'est déductible.
Vous êtes imposé l'année où l'argent est disponible
Ce qui compte, c'est l'année où le revenu est mis à votre disposition (versé ou inscrit sur votre compte). Point de vigilance pour le dirigeant qui laisse des intérêts s'accumuler sur son compte courant d'associé : ils sont imposables dès leur inscription.
Ce que contient la « flat tax » de 30 %
Sans aucune démarche de votre part, ces deux parts se cumulent à 30 % sur le montant brut de vos revenus.
Source : CGI art. 200 A, 1 ; BOI-RPPM-RCM-10-10, § 20
Flat tax par défaut ou barème (case 2OP) ?
Flat tax (par défaut)
- Taux unique de 30 % (12,8 % + 17,2 %)
- Aucun abattement, aucun frais déductible
- Aucune démarche à faire
Barème (case 2OP)
- Abattement de 40 % sur les dividendes
- Une fraction de CSG devient déductible l'année suivante
- Choix global à tous vos placements et plus-values, irrévocable
Source : CGI art. 200 A, 2 ; CGI art. 158, 3, 2° ; RM JOAN, 24 oct. 2023, n° 3778
Revenu à ne pas dépasser pour éviter l'avance d'impôt
Sous ces seuils de revenu fiscal de référence, vous pouvez demander à être dispensé de l'avance de 12,8 % : attention, le seuil est plus bas pour les intérêts que pour les dividendes.
Source : Seuils dispense RFR N-2 (BOI-RPPM-RCM-30-20-10) : dividendes 50 000/75 000 €, intérêts 25 000/50 000 €
Ce qui s'applique selon votre situation
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous ne faites aucune démarche particulière | Vos dividendes et intérêts sont taxés à 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sur le montant brut, sans abattement ni frais. | CGI art. 200 A, 1 ; BOI-RPPM-RCM-10-10, § 20 |
| Vous cochez la case 2OP pour choisir le barème | Vos dividendes éligibles profitent d'un abattement de 40 % (seuls 60 % sont imposés). | CGI art. 158, 3, 2° ; BOI-RPPM-RCM-20-10-30 |
| Vous optez pour le barème (case 2OP) | Le choix s'applique à tous vos revenus de placements et plus-values de titres de l'année, et devient définitif une fois la déclaration close. | CGI art. 200 A, 2 ; RM JOAN, 24 oct. 2023, n° 3778 |
| Vous percevez des intérêts (obligations, compte à terme…) | Aucun abattement de 40 %, quel que soit votre choix : les intérêts sont toujours imposés sur leur montant total. | CGI art. 158, 3, 2° |
| Vous recevez un dividende d'une société française | La banque prélève 12,8 % à la source, en avance sur votre impôt : ce montant est imputable et restituable si vous avez trop payé (case 2CK). | CGI art. 117 quater ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10, § 1 |
| Votre revenu fiscal de référence N-2 est sous 50 000 € (seul) / 75 000 € (couple) | Vous pouvez demander à être dispensé de l'avance de 12,8 % sur vos dividendes. | CGI art. 117 quater, I ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10, § 270 |
| Votre revenu fiscal de référence N-2 est sous 25 000 € (seul) / 50 000 € (couple) | Vous pouvez demander à être dispensé de l'avance de 12,8 % sur vos intérêts (seuil plus bas que pour les dividendes). | CGI art. 125 A, I ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10, § 40 et 50 |
| Vous demandez une dispense d'avance d'impôt | Vous devez envoyer une attestation sur l'honneur à l'établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédente. | CGI art. 242 quater ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10, § 290 |
| Vous demandez une dispense alors que vos revenus dépassent le seuil | Vous risquez une amende égale à 10 % de l'avance dont vous vous êtes dispensé à tort. | CGI art. 1740-0 B ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10, § 310 |
| Vous obtenez une dispense d'avance d'impôt | Les prélèvements sociaux (17,2 %) restent quand même retenus à la source : la dispense ne les concerne pas. | CGI art. 117 quater, I ; BOI-RPPM-RCM-30-20-10 |
| Vos placements dégagent une perte dans cette catégorie de revenus | Cette perte ne peut s'imputer que sur des revenus de placements de même nature, l'année en cours et les 6 années suivantes (jamais sur vos autres revenus). | CGI art. 156, I |
| Vous résidez à l'étranger et touchez un dividende de source française | Une retenue à la source s'applique ; une exonération est possible dans certains cas (régime UE/EEE) et la convention fiscale du pays doit être vérifiée. | CGI art. 119 bis, 2 ; CGI art. 187 ; CGI art. 119 ter |
Ce qui piège le plus souvent
Ne confondez pas les deux seuils de dispense
Le seuil pour être dispensé de l'avance est plus élevé pour les dividendes (50 000 / 75 000 €) que pour les intérêts (25 000 / 50 000 €). Vérifiez le bon seuil selon le revenu concerné avant de demander une dispense.
Le choix du barème est un tout ou rien, et définitif
En cochant la case 2OP, vous appliquez le barème à l'ensemble de vos dividendes, intérêts et plus-values de titres de l'année. Vous ne pouvez pas garder la flat tax sur une partie. Une fois la déclaration validée, vous ne pouvez plus revenir en arrière : simulez les deux options avant de décider.
Attestation de dispense abusive = amende de 10 %
Ne demandez la dispense d'avance d'impôt que si votre revenu fiscal de référence est réellement sous le seuil. Une attestation déposée à tort coûte une amende égale à 10 % du montant que vous n'avez pas avancé.
La dispense ne réduit jamais les prélèvements sociaux
Même dispensé de l'avance de 12,8 % d'impôt, vous continuez de payer les 17,2 % de prélèvements sociaux, retenus automatiquement à la source. Ne comptez pas dessus pour alléger cette partie.
Dirigeant : attention aux intérêts laissés sur le compte courant
Les intérêts de votre compte courant d'associé sont imposables dès qu'ils sont inscrits à votre crédit, même si vous ne les retirez pas. Anticipez cette imposition dans votre trésorerie personnelle.
Vérifiez vos réflexes
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
Par défaut, à quel taux total sont imposés vos dividendes et vos intérêts ?
L'abattement de 40 % sur les dividendes s'applique...
L'avance de 12,8 % prélevée quand on vous verse un dividende, c'est...
Et dans les situations plus fines ?
SCI démembrée : qui touche le dividende, qui paie l'impôt ?
Bernard, 68 ans, a donné la nue-propriété des parts de sa SCI familiale à ses deux enfants et conservé l'usufruit. Chaque année, la société lui verse les revenus courants : c'est lui, l'usufruitier, qui les encaisse. Bonne nouvelle, la règle fiscale par défaut suit cette logique : sauf convention contraire, c'est l'usufruitier qui perçoit les dividendes et bénéfices courants qui en supporte aussi l'impôt. Les enfants nus-propriétaires, eux, ne sont imposés que sur les bénéfices exceptionnels (typiquement une plus-value de cession d'un actif de la société) — qu'ils n'auront pourtant pas forcément encaissés. Une société civile à l'impôt sur le revenu permet toutefois de décider autrement, par une convention votée à l'unanimité avant la clôture des comptes, qui répartit la charge de l'impôt indépendamment de qui perçoit les revenus.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller explique d'abord la répartition par défaut (usufruitier imposé sur le courant, nu-propriétaire sur l'exceptionnel) pour éviter les mauvaises surprises le jour d'une cession. Si la famille souhaite une autre répartition, il rédige la convention, la fait voter à l'unanimité avant la clôture de l'exercice et la fait enregistrer — une étape obligatoire quand les parts sont démembrées, faute de quoi elle reste inopposable à l'administration fiscale.
Crowdlending : une perte peut effacer vos futurs intérêts
Léa, 34 ans, prête une partie de son épargne à des PME via des plateformes de financement participatif (crowdlending) et touche des intérêts chaque année. Un jour, un emprunteur fait défaut : elle perd le capital prêté sur ce dossier. Beaucoup pensent cette perte définitivement perdue. En réalité, la perte en capital d'un prêt participatif obéit à un dispositif dédié : elle peut s'imputer sur les intérêts de même nature (issus d'autres prêts participatifs) qu'elle percevra ensuite, l'année en cours puis sur un nombre d'années limité, et dans une certaine limite annuelle — de quoi alléger l'impôt sur ses gains à venir.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller qualifie correctement la perte, l'oriente vers son régime propre (celui des prêts participatifs, distinct du report classique des déficits de revenus de capitaux mobiliers), et organise son report pour qu'elle vienne bien réduire l'impôt sur les intérêts de même nature encaissés — sans jamais pouvoir être déduite du salaire ou des autres revenus. Il vérifie le nombre d'années de report et le plafond annuel applicables avant de bâtir la stratégie.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 200 A
- CGI art. 158
- CGI art. 117 quater
- CGI art. 125 A
- CGI art. 154 quinquies
- CGI art. 156
- CGI art. 242 quater
- CGI art. 1740-0 B
- CGI art. 119 bis
- CGI art. 119 ter
- CGI art. 187
- BOI-RPPM-RCM-30-20-10
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.