J'ai des revenus venus de l'étranger : suis-je taxé deux fois ?
Comment la France évite que vos revenus étrangers soient imposés une seconde fois, et ce que vous devez déclarer.
Si vous vivez en France, vous êtes imposé ici sur tous vos revenus, y compris ceux encaissés à l'étranger (salaire, pension, dividendes, loyers…). Pour éviter que le même revenu soit taxé deux fois, la France applique une convention signée avec le pays concerné : selon le cas, votre revenu étranger est exonéré en France, ou bien vous recevez un crédit d'impôt qui efface l'impôt payé à l'étranger. Vous devez déclarer ces revenus sur un formulaire dédié (l'imprimé n° 2047) et conserver la preuve de l'impôt payé à l'étranger.
Votre situation est-elle concernée ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
Les points clés, en clair
En France, on déclare le monde entier
En tant que résident français, vous êtes imposable sur l'ensemble de vos revenus mondiaux, qu'ils viennent de France ou de l'étranger. Un revenu de source française mais encaissé à l'étranger doit lui aussi figurer sur le formulaire n° 2047.
La convention règle qui taxe quoi
La France a signé des conventions fiscales avec de nombreux pays. C'est cette convention, propre au couple pays + type de revenu, qui décide si le revenu est exonéré en France ou s'il donne droit à un crédit d'impôt. Sans convention avec le pays source, la double imposition n'est en principe pas effacée.
L'exonération avec taux effectif
Quand la convention réserve l'imposition au seul pays étranger, la France n'impose pas ce revenu, mais elle le prend en compte pour calculer le taux moyen d'imposition de vos autres revenus. Résultat : vous ne payez pas d'impôt sur ce revenu, mais le reste de vos revenus peut être imposé un peu plus haut.
Le "vrai" crédit d'impôt
Souvent utilisé pour les dividendes et intérêts étrangers : vous recevez un crédit égal au plus faible entre l'impôt réellement payé à l'étranger et un plafond fixé par la convention. Ce crédit vient en déduction de votre impôt français. Exemple : 150 € d'impôt italien sur un dividende peuvent vous être rendus sous forme de crédit. À savoir : ce crédit constitue lui-même un revenu imposable, à réintégrer dans votre déclaration — l'oublier revient à sous-estimer le montant de vos revenus imposables.
Le "faux" crédit d'impôt
Le crédit est cette fois égal à l'impôt français qui aurait porté sur ce revenu. Concrètement, il annule l'impôt français sur la part étrangère. Bon à savoir : il efface aussi la CSG/CRDS, mais pas le prélèvement de solidarité de 7,5 %, qui reste dû. Ce crédit n'est ni remboursé ni reportable sur une autre année.
Dividendes étrangers : l'abattement de 40 %
Si vous optez pour le barème progressif, vos dividendes d'une société de l'Union européenne (ou d'un pays lié à la France par une convention avec échange d'informations) profitent d'un abattement de 40 %. Pour les autres pays, pas d'abattement.
CSG/CRDS : ça dépend de votre sécurité sociale
Vous payez la CSG/CRDS sur vos revenus d'activité et de retraite étrangers seulement si vous dépendez d'un régime obligatoire français d'assurance maladie. Si vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un autre pays de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse, vous en êtes exonéré (mais le prélèvement de solidarité reste dû).
Gardez toujours vos justificatifs
Pour obtenir un crédit égal à l'impôt étranger, vous devez prouver que l'impôt a bien été payé à l'étranger, revenu par revenu. Conservez chaque justificatif, et convertissez vos montants en euros au cours du jour de l'encaissement.
Un exemple : un dividende italien de 1 000 €
Ces 150 € sont un crédit théorique : il n'est imputé en totalité que si l'impôt français sur ce dividende (le « butoir ») dépasse 150 € ; sinon il est plafonné à ce butoir, qui dépend de votre revenu global. Autre subtilité d'expert : le crédit réellement imputé se rajoute lui-même à votre revenu imposable (le crédit est traité comme un revenu de capitaux mobiliers supplémentaire).
Source : Nœud, exemple chiffré vrai crédit — dividende italien (millésime 2026)
Deux façons d'effacer l'impôt payé à l'étranger
Le « vrai » crédit d'impôt
- Surtout pour les dividendes et les intérêts étrangers
- Vous récupérez le plus faible entre l'impôt payé à l'étranger et le plafond prévu par la convention
- Ne peut jamais dépasser l'impôt français sur ce revenu (règle du butoir)
Le « faux » crédit d'impôt
- Le crédit annule l'impôt français calculé sur la part étrangère
- Efface aussi la CSG/CRDS, mais pas le prélèvement de solidarité de 7,5 %
- N'est ni remboursé, ni reportable sur une autre année
Source : BOI-INT-DG-20-20-100, § 43 (méthodes 1 et 2), § 45
Comment savoir si votre revenu étranger est taxé deux fois
Le revenu est-il imposable en France ?
Résident français, vous déclarez tous vos revenus mondiaux, même encaissés à l'étranger.
Existe-t-il une convention avec le pays ?
Sans convention avec le pays source, la double imposition n'est en principe pas effacée.
La convention réserve-t-elle l'impôt au seul pays étranger ?
Si oui : exonéré en France, mais ce revenu relève le taux appliqué à vos autres revenus (taux effectif).
Sinon, un crédit d'impôt s'applique
Vrai crédit (égal à l'impôt étranger) ou faux crédit (égal à l'impôt français), selon la convention.
Suivez ces questions dans l'ordre pour savoir comment votre revenu étranger sera traité.
Source : Arbre de décision du nœud (CGI art. 4 A, art. 197 C ; BOI-INT-DG-20-20-100)
Selon votre situation
Vous vivez en France et encaissez un revenu à l'étranger
Vous êtes imposable en France sur ce revenu ; on applique ensuite la convention du pays source
La convention réserve l'imposition au seul pays étranger
Revenu exonéré en France, mais retenu pour calculer le taux moyen appliqué à vos autres revenus (case 8TI)
La convention prévoit un crédit égal à l'impôt étranger (souvent dividendes, intérêts)
Crédit = le plus faible entre l'impôt payé à l'étranger et le plafond conventionnel ; limité à l'impôt français sur ce revenu (règle du butoir)
La convention prévoit un crédit égal à l'impôt français
Le crédit efface l'impôt français et la CSG/CRDS, mais pas le prélèvement de solidarité de 7,5 % ; non remboursable, non reportable
Aucune convention avec le pays source
La double imposition n'est en principe pas effacée en France ; exception possible pour les salariés détachés
Vous demandez un crédit égal à l'impôt étranger
Vous devez fournir la preuve du paiement effectif de l'impôt à l'étranger, revenu par revenu
Dividendes d'une société de l'UE ou d'un pays à échange d'informations (option barème)
Abattement de 40 % sur le dividende ; sinon aucun abattement
Vous dépendez d'un régime obligatoire français d'assurance maladie
CSG/CRDS dues sur vos revenus d'activité et de retraite étrangers
Vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un autre pays UE/EEE/Suisse
Pas de CSG/CRDS sur ces revenus, mais le prélèvement de solidarité reste dû
CJUE, de Ruyter, 26 févr. 2015, C-623/13
Vous percevez une rente suisse du premier pilier issue de cotisations facultatives
Imposée en France comme pension de retraite à titre gratuit, sur 100 % du montant
RM Grosperrin, 10 août 2017, n° 00131 ; BOI-INT-CVB-CHE-10-20-60, § 110
Votre salaire ou pension étranger est exonéré par convention
À porter uniquement en cases 1AC et suivantes du 2042 C, pas sur la 2047 ni en 8TI
Les erreurs qui coûtent cher
Ne raisonnez jamais sans la convention du pays
La méthode (exonération, vrai ou faux crédit) et les taux changent selon le pays ET le type de revenu. Un même dividende n'est pas traité pareil selon qu'il vient d'Italie, des Émirats ou d'un pays sans convention. Vérifiez toujours la convention applicable avant tout calcul.
Vérifiez que votre crédit d'impôt ne dépasse pas le plafond
Le crédit égal à l'impôt étranger ne peut jamais excéder l'impôt français correspondant à ce revenu (règle du butoir). Un crédit déclaré trop élevé peut être redressé. En cas de doute, faites recalculer le plafond.
Le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû
Même quand un crédit d'impôt efface votre impôt sur le revenu et votre CSG/CRDS, le prélèvement de solidarité de 7,5 % n'est pas neutralisé. Ne comptez pas être totalement exonéré.
N'oubliez pas de déclarer vos comptes à l'étranger
Détenir un compte bancaire ou un contrat à l'étranger doit être signalé dans un cadre dédié de la déclaration. Cet oubli est fréquent et sanctionné, indépendamment de l'imposition de vos revenus.
Conservez chaque justificatif d'impôt payé à l'étranger
Sans preuve du paiement effectif à l'étranger, revenu par revenu, l'administration peut refuser votre crédit d'impôt. Gardez les documents et notez le cours de change du jour de l'encaissement.
Vérifiez vos réflexes
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Vous vivez en France et touchez des dividendes d'une société italienne. Que devez-vous faire ?
Un crédit d'impôt efface votre impôt français et votre CSG/CRDS. Que reste-t-il à payer ?
Vos dividendes viennent d'une société de l'Union européenne et vous optez pour le barème. À quel avantage avez-vous droit ?
Pour aller plus loin avec votre conseiller
Louer à l'étranger à perte : quand le déficit ne compte pas en France
Hélène, 54 ans, est rentrée en France après huit ans à Lisbonne. Elle a gardé son appartement portugais, qu'elle continue de louer. Cette année, de gros travaux ont coûté plus cher que les loyers encaissés : sur le papier, sa location est en perte. Elle s'attend à ce que ce déficit vienne réduire ses impôts français, comme le ferait un bien situé en France. Mais la convention ne vise souvent que les revenus positifs : la perte étrangère est alors retenue pour zéro et n'allège en rien son impôt en France.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller lit la clause exacte de la convention du pays concerné, chiffre ce qui reste réellement déductible sur place plutôt qu'en France, et aide à choisir l'année où engager les gros travaux pour ne pas perdre le bénéfice fiscal de la charge.
Un crédit d'impôt censé tout effacer : pourquoi l'impôt ne tombe pas à zéro
Thomas, 47 ans, perçoit une partie de ses revenus depuis un pays du Golfe. La convention prévoit que la France efface l'impôt sur ces revenus par un crédit d'impôt, et il en conclut qu'ils sont totalement défiscalisés. En réalité, ce crédit est calculé sur son taux moyen d'imposition, pas sur sa tranche la plus haute : il ne neutralise donc l'impôt que partiellement. Et le prélèvement de solidarité, lui, reste dû malgré tout.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller recalcule ce que le crédit efface vraiment, isole le reliquat d'impôt et de prélèvement de solidarité qui subsiste, et ventile ces revenus dans les bonnes cases pour éviter qu'ils soient repris à tort par le prélèvement à la source.
Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 4 A
- CGI art. 4 B
- CGI art. 165 bis
- CGI art. 197 C
- CGI art. 81 A
- CGI art. 158, 3-2°
- CSS art. L136-1
- BOI-INT-DG-20-20
- BOI-INT-DG-20-20-100
- BOI-INT-DG-20-20-40
- BOI-INT-DG-20-25
- BOI-RPPM-RCM-20-10-20-60
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.