Ploovers
International & mobilité

Partir vivre à l'étranger : ce qui change pour vos impôts

La liste des sujets à régler avant de quitter la France pour ne rien oublier et éviter les mauvaises surprises fiscales.

Quitter la France, ce n'est pas qu'une formalité administrative : vous passez d'un impôt sur tous vos revenus et votre patrimoine dans le monde à un impôt sur vos seuls revenus français. ​Ce changement peut aussi déclencher un impôt sur vos plus-values « sur le papier » (l'exit tax) si vous détenez une part importante d'entreprise. ‌Cette fiche fait le tour de tout ce qu'il faut vérifier avant le départ : votre résidence fiscale, le sort de vos placements (assurance-vie, PEA, PER), de votre immobilier français et de votre protection sociale.​

Faites le test : êtes-vous concerné ?

Cochez les situations qui vous ressemblent.

Votre sélection s'affichera ici.

Les montants clés du millésime 2026

800 000 €valeur de titres à partir de laquelle l'exit tax peut vous concerner
50 %part détenue dans une société qui peut aussi déclencher l'exit tax
7,5 %prélèvements sociaux sur vos loyers français si vous restez affilié en Europe
90 joursdélai avant le départ pour déclarer l'exit tax vers un pays hors accord

Ce qu'il faut retenir

Un seul lien avec la France peut vous garder résident

La France retient quatre critères : votre foyer (famille), votre lieu de séjour principal, votre activité professionnelle principale, et le centre de vos intérêts économiques. ​Il suffit d'en conserver un seul pour rester résident fiscal français, sauf si une convention avec votre pays d'accueil en décide autrement. ‌Un départ « sur le papier » ne suffit pas.‌

Votre imposition mondiale s'arrête à la date du départ

Jusqu'à la date de votre transfert, vous êtes imposé comme un résident sur tous vos revenus. ‌Après, vous n'êtes imposé en France que sur vos revenus de source française. ‌L'année suivante, vous ferez deux déclarations : une 2042 pour la période avant départ, et une 2042 NR pour vos revenus français d'après départ.‌

L'exit tax : un impôt sur des plus-values non encore encaissées

Elle concerne surtout les dirigeants et gros actionnaires : vous êtes visé si vous avez été domicilié en France au moins 6 des 10 dernières années et que vous détenez une participation d'au moins 50 % dans une société, ou des titres valant plus de 800 000 €. ‌L'impôt porte sur le gain « sur le papier », même si vous ne vendez pas.​

Souvent, vous n'aurez rien à payer tout de suite

Si vous partez dans l'Union européenne (ou un pays ayant un accord d'entraide avec la France, comme le Royaume-Uni malgré le Brexit), le paiement bénéficie d'un sursis automatique, sans démarche ni garantie. ​Vers un pays sans cet accord, le sursis doit être demandé : déclaration 2074-ETD 90 jours avant le départ, un représentant fiscal et des garanties.​

Prélèvements sociaux sur vos loyers français : tout dépend de votre affiliation

Vous restez affilié à la sécurité sociale française

  • Vos loyers français supportent les prélèvements sociaux de droit commun
  • Aucune réduction liée à votre régime de sécurité sociale

Vous êtes affilié dans l'UE / EEE / Suisse / Royaume-Uni

  • Vos loyers ne supportent plus que le prélèvement de solidarité de 7,5 %
  • Réservé aux affiliés d'un régime de l'UE, de l'EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni
Rester couvert par la sécurité sociale d'un pays de l'UE/EEE/Suisse/Royaume-Uni limite vos prélèvements sociaux au seul prélèvement de solidarité de 7,5 %.

Source : CSS art. L136-7, I bis ; BOI-RPPM-RCM-20-10-20-60

Ce qui piège le plus souvent

Ne partez pas « sur le papier »

Garder votre famille, votre logement principal ou votre activité en France peut suffire à rester résident fiscal français, et donc imposé sur tous vos revenus mondiaux. Coupez vraiment vos liens, et documentez-le.

Décidez de vendre AVANT ou APRÈS le départ en connaissance de cause

Une vente de titres ou un rachat d'assurance-vie avant le départ suit les règles françaises ; après, les règles de la convention du nouveau pays. Comparez les deux scénarios chiffrés avant de fixer votre calendrier.

Anticipez la déclaration exit tax si vous partez hors UE

Vers un pays sans accord d'entraide, la déclaration 2074-ETD doit être déposée 90 jours avant le départ, avec représentant fiscal et garanties. Ne vous y prenez pas au dernier moment.

Là où un conseiller change la donne

Cas avancé

Muté 3 ans à l'étranger : l'exit tax sur sa société peut s'effacer

Thomas, 52 ans, dirige une PME dont il détient plus de la moitié des parts. Son groupe l'envoie piloter une filiale en Allemagne pendant trois ans. En principe, ce départ déclenche l'exit tax sur la plus-value latente de ses titres — un impôt sur un gain qu'il n'a pourtant pas encaissé. Mais comme il part dans l'Union européenne et ne vend pas ses parts, le paiement bénéficie d'un sursis automatique, sans garantie ni représentant fiscal. Et le jour où il revient en France avec ses titres, l'exit tax s'efface entièrement, prélèvements sociaux compris.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller sécurise chaque maillon : il confirme que la destination ouvre le sursis de paiement de droit, il verrouille le calendrier pour qu'aucune cession de titres n'intervienne pendant l'expatriation, et il pilote les déclarations de suivi jusqu'au retour — la condition pour que l'effacement joue vraiment.

Cas avancé

Retraitée au Portugal : deux leviers sur son appartement loué à Paris

Claire, 66 ans, s'installe au Portugal pour sa retraite et garde son deux-pièces parisien qu'elle continue de louer. Ses loyers restent imposables en France, c'est inévitable. Mais deux réglages, souvent oubliés, allègent la note. Comme elle reste affiliée à un régime de sécurité sociale d'un pays de l'Union, ses prélèvements sociaux se limitent au prélèvement de solidarité de 7,5 %, bien en deçà des 17,2 % normalement appliqués aux revenus du patrimoine. Et plutôt que le taux forfaitaire de 20 % ou 30 % réservé aux non-résidents, elle peut demander à être imposée au taux moyen si c'est plus avantageux pour elle.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller compare chiffres à l'appui le taux forfaitaire et le taux moyen sur sa situation réelle, vérifie son éligibilité au prélèvement de 7,5 %, et rédige les options à faire valoir dans la déclaration des revenus de non-résident — deux démarches qui ne se déclenchent pas toutes seules.

Chaque situation est particulière

Cette fiche donne les règles générales — votre conseiller vérifie ce qui s'applique réellement à votre patrimoine et chiffre vos options.

Faire le point avec un conseiller

À lire ensuite

Références officielles

Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.

Mentions légales — usage privé uniquement. Les contenus de cette base de connaissance sont la propriété exclusive de Ploovers et sont mis à disposition pour un usage strictement privé et personnel. Toute reproduction, représentation, diffusion ou extraction, intégrale ou partielle, par quelque moyen que ce soit, sans autorisation écrite préalable de Ploovers, est interdite (art. L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle ; protection du producteur de base de données, art. L.342-1 et suivants).

Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.