Salaires et impôt : comment est calculé mon revenu imposable ?
Comprenez le passage de votre salaire brut à l'impôt, et sachez quand choisir les frais réels plutôt que l'abattement automatique de 10 %.
Vos salaires, primes, indemnités et avantages sont regroupés dans une même catégorie appelée « traitements et salaires ». Le fisc part de votre revenu, applique un abattement automatique de 10 % (ou vos frais réels si vous les choisissez), puis calcule l'impôt. Même avec le prélèvement à la source, vous devez toujours déclarer chaque année.
Les montants clés du millésime 2026
L'essentiel à retenir
De votre brut à votre net imposable
Le fisc additionne toutes les sommes versées par votre employeur plus vos avantages (logement, voiture, repas), puis retire les cotisations sociales déductibles. C'est ce montant, avant frais, qui sert de base à l'impôt. Il correspond aux cases 1AJ à 1DJ préremplies sur votre déclaration.
L'abattement de 10 % appliqué tout seul
Par défaut, l'administration retire automatiquement 10 % de vos salaires imposables pour couvrir vos frais courants (transport, vêtements, matériel). Cet abattement est encadré par un minimum et un maximum : pour le millésime 2026, entre 509 € et 14 555 €. Vous n'avez rien à faire.
Les frais réels, une option à comparer
Si vos frais professionnels justifiés dépassent l'abattement de 10 %, vous avez intérêt à choisir les frais réels. Attention : c'est tout ou rien pour l'ensemble du foyer, et vous devez alors réintégrer les remboursements versés par votre employeur pour ces mêmes frais. Conservez vos justificatifs 3 ans.
Vos indemnités de départ
Toute indemnité de rupture est imposable en principe, mais une partie est exonérée : on retient le plafond le plus favorable parmi trois calculs. En cas de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'exonération est totale. En revanche, les indemnités de préavis, congés payés ou non-concurrence restent totalement imposables.
Vous êtes dirigeant (article 62)
Gérant majoritaire de SARL, associé d'EURL ou de SNC à l'IS : votre rémunération est imposée selon les règles des salaires. On déduit d'abord vos cotisations et versements Madelin/PER (article 154 bis), puis vous choisissez l'abattement de 10 % ou les frais réels. Votre rémunération se déclare en case 1GB.
Vous travaillez à l'international
Impatrié : votre prime d'impatriation et la part liée à votre activité à l'étranger sont exonérées jusqu'à la fin de la 8e année suivant votre prise de fonctions. Détaché avec domicile fiscal en France : vos salaires gagnés à l'étranger peuvent être exonérés en totalité ou en partie sous conditions.
Déclarer reste obligatoire malgré le prélèvement à la source
Le prélèvement à la source ne vous dispense pas de la déclaration annuelle. Vous déclarez le brut, l'abattement de 10 % est appliqué d'office, et une régularisation (à payer ou à vous rembourser) intervient après comparaison entre l'impôt prélevé et l'impôt réellement dû.
Certaines sommes exonérées comptent quand même
Heures supplémentaires (exonérées dans une limite annuelle), prime de partage de la valeur, salaires d'apprentis (jusqu'à 21 876,36 € en 2026) ou d'étudiants de moins de 25 ans (jusqu'à 5 469,09 €) : ces sommes exonérées d'impôt entrent souvent dans le revenu fiscal de référence, qui sert de seuil pour d'autres droits.
De votre salaire brut à l'impôt
Brut + avantages
On additionne vos salaires, primes et avantages en nature (voiture, logement, repas).
On retire les cotisations
On déduit les cotisations sociales déductibles : on obtient votre net imposable.
Abattement de 10 %
L'abattement de 10 % est appliqué d'office, sauf si vous optez pour les frais réels.
Impôt calculé
L'impôt est calculé sur ce montant, puis régularisé avec ce qui a été prélevé à la source.
C'est le montant après cotisations et abattement, pas votre salaire versé, qui sert de base à l'impôt.
Source : CGI art. 79 et 82 ; BOI-RSA-BASE-20-10
Abattement de 10 % ou frais réels ?
Abattement de 10 %
- Appliqué automatiquement, vous n'avez rien à faire
- Compris entre 509 € et 14 555 € pour 2026
- Aucun justificatif à fournir
Frais réels
- À choisir si vos frais dépassent l'abattement de 10 %
- Tout ou rien pour l'ensemble du foyer
- Remboursements de l'employeur à réintégrer
- Justificatifs à conserver 3 ans
Source : CGI art. 83, 3° ; BOI-RSA-BASE-30-50-30
Les bornes de l'abattement de 10 % (2026)
Votre abattement ne peut jamais être inférieur à 509 € ni supérieur à 14 555 €.
Source : CGI art. 83, 3°-al. 2 ; BOI-RSA-BASE-30-50-20
Selon votre situation
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous êtes salarié et vous ne faites rien de particulier | Un abattement de 10 % est retiré automatiquement de vos salaires imposables (entre 509 € et 14 555 € pour 2026) | CGI art. 83, 3° ; BOI-RSA-BASE-30-50-20 |
| Vos frais professionnels justifiés dépassent l'abattement de 10 % | Vous avez intérêt à opter pour les frais réels ; option globale pour tout le foyer et remboursements employeur à réintégrer | CGI art. 83, 3° ; BOI-RSA-BASE-30-50-30 |
| Vous recevez une voiture, un logement ou des repas de votre employeur | Ces avantages en nature sont ajoutés à votre revenu imposable, à leur valeur réelle ou forfaitaire | CGI art. 82 ; BOI-RSA-BASE-20-10 |
| Vous touchez une indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle | Une fraction est exonérée (le plus favorable de trois plafonds) ; le reste est imposable | CGI art. 80 duodecies (loi du 14 févr. 2025) |
| Votre rupture s'inscrit dans un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) | Votre indemnité de rupture est totalement exonérée d'impôt | CGI art. 80 duodecies |
| Vous recevez une indemnité de préavis, de congés payés ou de non-concurrence | Ces indemnités restent intégralement imposables | CGI art. 80 duodecies |
| Vous êtes gérant majoritaire de SARL (rémunération article 62) | Imposition selon les règles des salaires après déduction des cotisations et primes art. 154 bis, puis 10 % ou frais réels | CGI art. 62 ; BOI-RSA-GER-20 |
| Vous êtes impatrié et prenez vos fonctions en France | Prime d'impatriation et part d'activité à l'étranger exonérées jusqu'à la fin de la 8e année suivant la prise de fonctions | CGI art. 155 B ; BOI-RSA-GEO-40-10 |
| Vous êtes détaché à l'étranger avec domicile fiscal en France | Salaires gagnés à l'étranger exonérés en totalité ou en partie sous conditions (durée, imposition locale) | CGI art. 81 A ; BOI-RSA-GEO-10 |
| Vous faites plus de 40 km entre domicile et travail | Vous pouvez déduire vos frais kilométriques réels, à condition de justifier l'éloignement | BOI-RSA-BASE-30-50-30 ; Brochure DGFiP |
| Vous êtes payé via le prélèvement à la source | Vous devez quand même déclarer chaque année ; l'abattement de 10 % est appliqué d'office et une régularisation suit | Doc. « IR : Traitements et salaires » §3 |
| Vous êtes apprenti ou étudiant de moins de 25 ans | Salaire exonéré dans une limite (2026 : 21 876,36 € apprentis ; 5 469,09 € étudiants) mais compté dans le revenu fiscal de référence | Décret n° 2025-1228 du 17 déc. 2025 |
Les erreurs qui coûtent cher
Les frais réels, c'est tout ou rien
Si vous choisissez les frais réels, l'option s'applique à tous les revenus salariaux de votre foyer pour l'année, et vous perdez l'abattement de 10 %. Chiffrez précisément avant de vous décider.
N'oubliez pas de réintégrer les remboursements employeur
Si vous optez pour les frais réels, les allocations et remboursements que votre employeur vous a versés pour ces mêmes frais doivent être rajoutés à votre salaire imposable. L'oublier fausse votre calcul.
Conservez vos justificatifs 3 ans
En cas d'option pour les frais réels, gardez tous vos justificatifs pendant 3 ans (selon la Brochure DGFiP). Sans preuve, vos frais peuvent être remis en cause.
Déclarer même avec le prélèvement à la source
Le prélèvement mensuel ne remplace pas la déclaration annuelle. Ne pensez pas être quitte : déclarez votre brut chaque année pour éviter une mauvaise régularisation.
Ajustez votre taux après un changement de vie
Mariage, naissance, hausse ou baisse de revenus : pensez à moduler votre taux de prélèvement à la source pour éviter un gros solde à payer ou un trop-prélevé.
Des cas concrets à travailler ensemble
Vendre ses parts de dirigeant : plus-value ou salaire déguisé ?
Thomas, 47 ans, est directeur général d'une PME. Lors d'un rachat de sa société (un LBO), il a pu investir dans le capital à des conditions avantageuses, réservées à lui parce qu'il dirige. Quatre ans plus tard, il revend ses titres avec une belle plus-value et pense être imposé au prélèvement forfaitaire unique (la « flat tax »). Or le fisc peut considérer que ce gain récompense en réalité son travail de dirigeant, et le requalifier en salaire : barème progressif de l'impôt plus charges sociales, au lieu du prélèvement forfaitaire. L'écart d'imposition peut être considérable.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller examine le montage avant la vente pour mesurer le risque de requalification, aide à documenter la réalité du risque d'investisseur (mise personnelle, aléa réel), et chiffre l'écart entre les deux scénarios d'imposition pour éclairer la décision.
Partir avec une grosse indemnité sans faire bondir son impôt
Sylvie, 57 ans, cadre depuis 25 ans, négocie une rupture conventionnelle. Une partie de son indemnité est exonérée d'impôt : on retient le plus favorable de trois plafonds légaux. Mais la fraction qui reste imposable tombe d'un coup sur une seule année et risque de la propulser dans une tranche d'impôt plus élevée. Ce qu'elle ignore : selon le contexte de son départ, la part exonérée peut être bien plus large qu'elle ne l'imagine, tandis que certaines composantes de son solde de tout compte restent, elles, totalement imposables.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller calcule les trois plafonds d'exonération et retient le plus avantageux, vérifie si la rupture s'inscrit dans un cadre ouvrant droit à une exonération totale (comme un plan de sauvegarde de l'emploi), distingue les sommes qui restent intégralement imposables (préavis, congés payés, clause de non-concurrence), et sécurise les cases correspondantes sur la déclaration.
Chaque situation est particulière
Cette fiche donne les règles générales — votre conseiller vérifie ce qui s'applique réellement à votre patrimoine et chiffre vos options.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 79
- CGI art. 82
- CGI art. 80 duodecies
- CGI art. 83 (3° et al. 2)
- CGI art. 154 bis
- CGI art. 62
- CGI art. 155 B
- CGI art. 81 A
- CGI art. 182 A
- BOI-RSA-BASE-20-10
- BOI-RSA-BASE-30-50-20
- BOI-RSA-BASE-30-50-30
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.