Retirer de l'argent de mon assurance-vie : quel impôt ?
Comprendre ce que vous paierez vraiment quand vous récupérez de l'argent sur votre assurance-vie, et comment réduire la note.
Quand vous retirez de l'argent de votre assurance-vie (on parle de « rachat »), seule la part de gains contenue dans ce retrait est imposée, jamais votre capital de départ. Après 8 ans, vous bénéficiez chaque année d'un abattement (4 600 € seul, 9 200 € en couple) qui peut ramener votre impôt à zéro. Bien organisés, vos retraits deviennent des revenus complémentaires très peu taxés.
Les montants clés du millésime 2026
Les points clés, en clair
On n'impose que vos gains, pas votre capital
Si vous retirez 10 000 € et que cette somme contient 2 000 € de gains, vous n'êtes imposé que sur ces 2 000 €. Les 8 000 € correspondant à votre argent versé au départ ne sont jamais taxés. Un contrat qui a perdu de la valeur ne génère donc aucun impôt au retrait.
Après 8 ans, un abattement annuel efface une partie de l'impôt
Chaque année, 4 600 € de gains (célibataire) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé) échappent à l'impôt sur le revenu. Cet abattement vaut pour l'ensemble de vos contrats, mais il ne se reporte pas d'une année sur l'autre : ce qui n'est pas utilisé est perdu. Réservé aux résidents fiscaux français.
Pour les versements récents : 12,8 % ou 7,5 %
Sur les gains issus de versements faits depuis le 27/09/2017, le taux est de 12,8 %. Il tombe à 7,5 % quand votre contrat a plus de 8 ans, pour la part de gains liée aux versements ne dépassant pas 150 000 €. S'ajoutent toujours les prélèvements sociaux.
Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent toujours
Même si votre impôt sur le revenu est nul grâce à l'abattement, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur vos gains. Sur le fonds en euros, ils sont souvent déjà prélevés chaque année ; sur les unités de compte, ils le sont au moment du retrait.
Certaines épreuves de la vie ouvrent une exonération totale d'impôt
En cas de licenciement, de liquidation judiciaire, de mise à la retraite anticipée ou d'invalidité (2e/3e catégorie), vos gains sont exonérés d'impôt sur le revenu jusqu'à la fin de l'année qui suit l'événement. Pour l'invalidité, les prélèvements sociaux sont aussi exonérés.
L'avance : récupérer des liquidités sans toucher à la fiscalité
Si votre besoin d'argent est temporaire, l'avance est un prêt que l'assureur vous consent. Elle est fiscalement neutre : vous ne payez aucun impôt et vous ne perdez ni l'ancienneté de votre contrat ni vos abattements. À comparer avec le coût d'un retrait sur un vieux contrat en forte plus-value.
Si un bénéficiaire a « accepté » le contrat, son accord est requis
Lorsque le bénéficiaire désigné a formellement accepté votre contrat, vous ne pouvez plus faire de rachat ni d'avance sans son accord. Vérifiez ce point avant de compter sur votre épargne pour un projet.
Après 8 ans, une part de gains sortie chaque année sans impôt sur le revenu
Réparti chaque année, ce montant de gains peut quitter votre contrat sans impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux restent dus.
Source : CGI art. 125-0 A, I-1
Versements anciens : plus le contrat vieillit, plus le taux baisse
Pour vos versements faits avant le 27/09/2017, attendre l'ancienneté du contrat fait chuter le taux jusqu'à 7,5 %.
Source : CGI art. 125-0 A, II
Retirer ou demander une avance ?
Le rachat
- Vous retirez définitivement une partie de votre épargne.
- Seuls les gains contenus dans le retrait sont imposés.
- Sur un vieux contrat en forte plus-value, la note peut être élevée.
L'avance
- L'assureur vous prête de l'argent : c'est fiscalement neutre, aucun impôt.
- Vous ne perdez ni l'ancienneté du contrat ni vos abattements.
- À privilégier pour un besoin temporaire, de moins de 2 à 3 ans.
Source : Doc. « Assurance vie - Fiscalité en cas de vie » §6
Votre cas, ce que prévoit la règle
| Votre situation | Ce qui s'applique | Fondement |
|---|---|---|
| Vous retirez de l'argent (retrait partiel ou total). | Seule la part de gains comprise dans le retrait est imposable ; un contrat en perte ne génère aucun impôt. | CGI art. 125-0 A |
| Votre contrat a 8 ans ou plus et vous êtes résident fiscal français. | Abattement annuel de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) sur les gains retirés, par foyer, non reportable d'une année sur l'autre. | CGI art. 125-0 A, I-1 |
| Vos gains proviennent de versements faits depuis le 27/09/2017. | Taux de 12,8 % ; ou 7,5 % au-delà de 8 ans pour la part liée aux versements ≤ 150 000 €. Option pour le barème possible. | CGI art. 200 A et 125-0 A |
| Vos gains proviennent de versements faits avant le 27/09/2017. | Barème de l'impôt par défaut, ou prélèvement forfaitaire au choix retrait par retrait (35 % / 15 % / 7,5 % selon l'ancienneté). | CGI art. 125-0 A, II |
| Vous subissez un licenciement, une liquidation judiciaire, une retraite anticipée ou une invalidité (2e/3e cat.). | Gains exonérés d'impôt sur le revenu jusqu'à la fin de l'année suivante ; en cas d'invalidité, exonération aussi des prélèvements sociaux. | CGI art. 125-0 A, I |
| Vous êtes en rupture conventionnelle, fin de CDD ou révocation de mandat. | Ces cas ne donnent PAS droit à l'exonération pour accident de la vie. | CGI art. 125-0 A, I |
| Le bénéficiaire a accepté votre contrat. | Son accord est obligatoire pour tout retrait ou toute avance. | C. assur. art. L132-9 |
| Vous avez un besoin de liquidités ponctuel sur un contrat en forte plus-value. | Comparez avec l'avance : prêt de l'assureur, fiscalement neutre, qui préserve l'ancienneté et les abattements. | Doc. Fiscalité en cas de vie §6 |
| Vous voulez « faire jouer l'abattement » sur un contrat de moins de 8 ans. | L'abattement ne s'applique pas ; les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas. | Piège récurrent (doc.) |
| Vous détenez plusieurs contrats d'assurance-vie et de capitalisation. | Le plafond de 150 000 € s'apprécie sur l'ensemble de vos versements nets, pas contrat par contrat. | Piège récurrent (doc.) |
Les erreurs qui coûtent cher
L'option barème est globale, réfléchissez avant de la cocher
Pour les versements récents, choisir le barème entraîne aussi l'imposition au barème de tous vos autres revenus de placement (dividendes, intérêts, plus-values). Ne prenez jamais cette décision en regardant votre seul contrat d'assurance-vie.
Un abattement non utilisé est définitivement perdu
L'abattement de 4 600 € / 9 200 € ne se reporte pas. Pour en profiter à plein, mieux vaut caler des retraits réguliers qui l'utilisent chaque année sans le dépasser, plutôt qu'un gros retrait en une fois.
Les prélèvements sociaux restent dus, même sans impôt
Ne confondez pas « pas d'impôt sur le revenu » et « rien à payer » : les 17,2 % de prélèvements sociaux s'appliquent sur vos gains même quand l'abattement annule votre impôt.
Le plafond de 150 000 € se compte sur TOUS vos contrats
Ce seuil qui donne accès au taux réduit de 7,5 % s'apprécie sur l'ensemble de vos versements nets en assurance-vie et capitalisation. Additionnez tous vos contrats avant de conclure.
Vérifiez votre déclaration face au relevé de l'assureur (IFU)
Au moment de déclarer, contrôlez que le prélèvement déjà opéré et l'abattement sont bien pris en compte, surtout si vous avez plusieurs contrats chez plusieurs établissements.
Et dans les situations plus fines ?
Piocher dans ses vieux versements sans emporter son foyer au barème
Bernard, 68 ans, retraité, détient un contrat ouvert il y a vingt ans : l'essentiel de ses versements est antérieur à septembre 2017. Chaque année, il touche aussi des dividendes. Son premier réflexe : cocher « le barème » en pensant payer moins. Or, pour ses versements les plus récents, ce choix est global et ferait remonter ses dividendes à l'impôt. Pour ses vieux versements, il existe au contraire une option qui s'applique retrait par retrait, à 7,5 % au-delà de 8 ans, sans toucher au reste de ses revenus.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller trie les versements de Bernard entre « avant » et « après » septembre 2017, chiffre côte à côte l'option forfaitaire retrait par retrait et l'option barème globale, puis lui dit dans quel ordre puiser pour ne pas alourdir l'imposition de ses autres revenus.
Se verser un complément mensuel quasi sans impôt après 70 ans
Nadia, 72 ans, veut transformer son assurance-vie en complément de revenu régulier sans alourdir son impôt. Son contrat a largement dépassé 8 ans. Plutôt qu'un gros retrait en une fois, l'idée est de programmer des rachats calibrés pour rester chaque année sous l'abattement (4 600 € seule, 9 200 € en couple) : l'impôt sur le revenu tombe alors à zéro et seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Mieux : selon les sommes concernées, choisir sur quel contrat puiser en priorité peut aussi alléger ce que ses héritiers auront à régler plus tard.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller calcule le rachat annuel qui sature l'abattement sans le franchir, projette ces retraits sur plusieurs années, et ordonne les prélèvements entre les contrats de Nadia pour lisser à la fois son impôt d'aujourd'hui et la fiscalité future de sa succession.
Ce cas est décortiqué dans notre étude de cas →Chaque situation est particulière
Chaque patrimoine a ses particularités : un conseiller transforme ces règles en plan d'action chiffré, adapté à votre situation.
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Références officielles
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-09-27. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.