Handicap : quelles aides (AAH, AEEH, PCH) et comment les cumuler ?
Vous saurez quelle aide demander selon l'âge, ce que vous avez le droit de cumuler, et les deux choix irréversibles à ne pas manquer.
Trois aides forment le socle des droits liés au handicap : l'AAH pour l'adulte (un revenu minimum), l'AEEH pour l'enfant de moins de 20 ans, et la PCH à tout âge (elle rembourse les dépenses liées au handicap). Certaines se cumulent, d'autres non : deux choix sont particulièrement structurants, l'option entre le complément d'AEEH et la PCH, et le passage de l'AAH à la retraite vers 62 ans. C'est la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) qui calcule et décide ; notre rôle est de vous aiguiller vers le bon droit et d'éviter les erreurs de cumul.
Êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
À comprendre avant d'agir
L'âge détermine l'aide principale
Enfant de moins de 20 ans : c'est l'AEEH. Adulte de 20 ans et plus (ou 16 ans s'il travaille et n'a plus droit à l'AEEH) : c'est l'AAH. La PCH, elle, peut se demander à tout âge pour couvrir les dépenses liées au handicap.
L'AAH : deux portes d'entrée selon le taux d'incapacité
Vous pouvez y prétendre si votre taux d'incapacité est d'au moins 80 %, ou entre 50 et 79 % si vous avez une difficulté sérieuse et durable à accéder à un emploi à cause du handicap. C'est la CDAPH qui apprécie ce taux.
L'AAH est désormais calculée sur vos seuls revenus
Depuis le 1er octobre 2023, les revenus de votre conjoint, partenaire ou concubin ne comptent plus ("déconjugalisation"). Cette bascule est définitive : on ne revient jamais à l'ancien calcul, et elle s'applique automatiquement dès qu'elle vous est plus favorable.
L'AEEH de base ne dépend pas de vos revenus
Pour un enfant de moins de 20 ans à charge avec un taux d'au moins 80 % (ou 50-79 % si établissement adapté ou soins à domicile), l'AEEH de base est versée sans condition de ressources. Un complément (6 catégories) et une majoration pour parent isolé peuvent s'y ajouter.
La PCH ne regarde pas vos revenus, mais fixe un taux de prise en charge
Pas de condition de ressources, mais la prise en charge est de 100 % ou 80 % selon que vos revenus de l'année précédente dépassent ou non 2 fois le montant annuel de la MTP. Vos revenus d'activité, vos pensions et l'AAH sont exclus de ce calcul.
Le choix complément d'AEEH ou PCH : le piège central
L'AEEH de base se cumule toujours avec la PCH, mais toucher la PCH vous fait perdre le complément d'AEEH — sauf si vous n'activez que le volet aménagement du logement/véhicule et transport de la PCH. La PCH est souvent plus avantageuse pour un handicap lourd.
L'AAH s'arrête en général à 62 ans, remplacée par la retraite
Si vous n'avez pas d'activité, la retraite se substitue automatiquement à l'AAH à l'âge légal. Une AAH complémentaire reste possible si votre taux est d'au moins 80 % et que votre retraite est inférieure à l'AAH. Depuis le 1er décembre 2024, si vous poursuivez une activité (taux ≥ 80 %), l'AAH est maintenue jusqu'à l'arrêt de l'activité, au plus tard à 67 ans.
Ces aides ne sont pas imposables
AAH, CPR, MVA, AEEH et PCH sont exonérées d'impôt sur le revenu et hors prélèvements sociaux. Le dédommagement versé à un aidant familial non salarié est aussi exonéré depuis le 1er janvier 2019 (mais un aidant rémunéré comme salarié, lui, est imposable).
Les âges qui font changer vos droits
L'AEEH pour l'enfant
Pour un enfant handicapé de moins de 20 ans à charge, c'est l'AEEH, versée sans condition de ressources. La PCH peut s'y ajouter.
Bascule vers l'AAH
À 20 ans (ou dès 16 ans s'il travaille), votre enfant peut passer de l'AEEH à l'AAH, l'allocation de l'adulte.
La retraite remplace l'AAH
À l'âge légal, si vous n'avez plus d'activité, la retraite se substitue automatiquement à l'AAH.
Maintien si vous travaillez
Depuis le 1er décembre 2024, si vous poursuivez une activité avec un taux d'au moins 80 %, l'AAH est maintenue jusqu'à l'arrêt de l'activité, au plus tard à 67 ans.
Repérez tôt ces âges pivots : chacun déclenche une démarche à ne pas manquer.
Source : CSS art. L. 541-1 ; L. 821-1 ; L. 341-15 à L. 341-17 ; LF 2024, art. 254
Complément d'AEEH ou PCH : vous devez choisir
Complément d'AEEH
- Complète l'AEEH de base pour un enfant de moins de 20 ans.
- Peut rester préférable comme appoint de revenu pour la famille.
PCH
- Rembourse les dépenses liées au handicap, sans condition de ressources.
- Souvent plus protectrice pour un handicap lourd.
Demandez à la MDPH la comparaison chiffrée avant de trancher : ce choix est structurant.
Source : CASF art. L. 245-1, III ; L. 245-3 ; Circ. CNAF 2008-021
PCH : quelle part de vos dépenses est prise en charge
Même au-dessus du seuil, la PCH couvre 80 % : vos revenus d'activité, vos pensions et l'AAH ne comptent pas dans ce calcul.
Source : CASF art. R. 245-45 ; R. 245-47 ; R. 245-48
Selon votre situation
Votre enfant handicapé a moins de 20 ans
C'est l'AEEH que vous demandez ; la PCH peut s'y ajouter. À l'adulte de 20 ans et plus (ou 16 ans s'il travaille), c'est l'AAH.
Vous demandez l'AAH avec un taux d'incapacité de 50 à 79 %
Vous devez en plus justifier d'une difficulté sérieuse et durable à accéder à un emploi ; à 80 % et plus, ce critère n'est pas exigé.
Vous touchez l'AAH et vous êtes en couple
Depuis le 01/10/2023, l'AAH est calculée sur vos seuls revenus ; pour les dossiers antérieurs, l'ancien calcul n'est gardé que s'il est plus favorable, et le changement est définitif.
Vous touchez l'AAH et une pension (invalidité, vieillesse) ou une rente AT-MP
L'AAH ne complète que la différence jusqu'à son montant maximum (versement "différentiel").
Vous touchez l'AAH et vous atteignez l'âge légal de la retraite
La retraite remplace automatiquement l'AAH à 62 ans si vous êtes sans activité ; une AAH complémentaire reste possible (taux ≥ 80 % et retraite < AAH). Avec activité, maintien jusqu'à 67 ans au plus.
CSS art. L. 341-15 à L. 341-17 ; L. 351-7-1-A ; LF 2024 art. 254
Vous touchez l'AAH et voulez y ajouter la PAJE ou l'ASS
Interdit : l'AAH n'est pas cumulable avec la PAJE ni, depuis le 01/01/2017, avec l'ASS (sauf stock au 31/12/2016, cumul limité à 10 ans).
Vous voulez demander aujourd'hui le complément de ressources (CPR)
Impossible : le CPR est fermé depuis le 01/12/2019 (remplacé par la MVA) ; il n'est maintenu 10 ans que pour les bénéficiaires déjà en cours. CPR et MVA ne se cumulent jamais.
Vous touchez le complément d'AEEH et voulez aussi la PCH
La PCH vous fait perdre le complément d'AEEH, sauf pour son seul 3e élément (aménagement logement/véhicule et transport). L'AEEH de base, elle, se cumule toujours avec la PCH.
Vous touchez l'AJPP en plus de l'AEEH
L'AJPP n'est pas cumulable avec le complément d'AEEH ni avec la majoration pour parent isolé.
Vous demandez la PCH après 60 ans
Recevable sans limite d'âge si les critères étaient réunis avant 60 ans (la barrière des 75 ans a été supprimée par la loi du 6 mars 2020), ou sans limite si vous poursuivez une activité. Pour un enfant, il faut percevoir l'AEEH.
CASF art. L. 245-1 ; D. 245-3 ; Loi n° 2020-220 du 6 mars 2020
Vous touchez la PCH et voulez aussi l'APA
Interdit : PCH et APA ne se cumulent pas ; la MTP perçue par ailleurs est déduite de la PCH "aide humaine".
Vous percevez l'AAH, l'AEEH ou la PCH et vous préparez votre déclaration
Ces prestations ne sont pas imposables à l'impôt sur le revenu ni soumises aux prélèvements sociaux.
Les erreurs qui coûtent cher
Le choix entre complément d'AEEH et PCH est structurant : faites-le chiffrer
Toucher la PCH fait perdre le complément d'AEEH (sauf le volet aménagement/transport). La PCH est souvent plus protectrice pour un handicap lourd, mais le complément d'AEEH peut rester préférable comme appoint de revenu. Demandez à la MDPH la comparaison chiffrée avant de trancher.
Anticipez la bascule de l'AAH vers la retraite bien avant 62 ans
À l'âge légal, la retraite remplace en principe l'AAH automatiquement. Signalez votre situation à la CAF et à votre caisse de retraite environ 2,5 ans avant vos 62 ans pour éviter toute rupture. L'AAH n'est pas cumulable avec une pension de retraite, y compris de réversion.
Déposez tout renouvellement 6 mois avant l'échéance
Un dossier déposé trop tard peut créer une coupure de vos droits. Prévoyez le renouvellement 6 mois avant la fin de votre attribution, avec un certificat médical de moins de 3 mois pour l'AEEH et la PCH.
Attention aux cumuls interdits : ils créent des indus à rembourser
AAH avec PAJE ou ASS, CPR avec MVA, PCH avec APA, complément d'AEEH avec AJPP : ces cumuls sont exclus. Un cumul indu peut vous être réclamé. Vérifiez chaque combinaison avant de cumuler deux aides.
Pour un majeur protégé, la demande passe par le représentant légal
En tutelle ou curatelle, le dépôt et le renouvellement de la demande MDPH relèvent du représentant légal (ou de l'assistance du curateur). Bon à savoir : les frais de tutelle sont déduits des ressources prises en compte pour l'AAH.
Vérifiez vos réflexes
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À partir de quel âge la retraite remplace-t-elle en principe l'AAH, si vous n'avez plus d'activité ?
Vous touchez le complément d'AEEH pour votre enfant et vous demandez aussi la PCH. Que se passe-t-il ?
L'AAH, l'AEEH et la PCH doivent-elles être déclarées comme un revenu imposable ?
Là où un conseiller change la donne
Faire adapter la voiture sans perdre le complément d'AEEH
Sabine élève seule Nils, 11 ans, reconnu handicapé à plus de 80 %. Elle touche l'AEEH de base et son complément, qui l'aide vraiment à boucler ses fins de mois. Le médecin préconise un fauteuil et une voiture aménagée, et Sabine croit devoir renoncer au complément d'AEEH pour obtenir la PCH. Or un seul volet de la PCH — l'aménagement du logement, du véhicule et les surcoûts de transport — se cumule avec le complément d'AEEH. Bien ciblée, sa demande finance l'adaptation sans lui faire perdre cet appoint de revenu.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller cadre la demande MDPH pour n'activer que ce volet aménagement/transport de la PCH, vérifie que le complément d'AEEH reste acquis, et trace le caractère réexaminable du choix pour le rouvrir si le handicap de Nils évolue.
Constituer une épargne pour sa fille sans réduire sa PCH
Thierry, 58 ans, veut sécuriser l'avenir de sa fille Léa, 24 ans, handicapée à plus de 80 % et bénéficiaire de la PCH. Il hésite à lui mettre de l'argent de côté, de peur de faire baisser ses prestations. Pourtant, les rentes survie et l'épargne handicap sont exclues du calcul de la PCH, et la PCH n'est récupérable ni sur la succession, ni sur les donations, ni sur l'assurance-vie. Thierry peut donc bâtir une protection durable pour Léa sans rogner ses droits du quotidien.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller articule rente survie, épargne handicap et clause bénéficiaire pour compléter les prestations sans les diminuer, dimensionne l'effort d'épargne, et sécurise la rédaction pour que le capital revienne bien à Léa, à l'abri de tout indu ou récupération.
Chaque situation est particulière
Cette fiche donne les règles générales — votre conseiller vérifie ce qui s'applique réellement à votre patrimoine et chiffre vos options.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CSS art. L. 821-1
- CSS art. L. 821-2
- CSS art. L. 821-3-1
- CSS art. L. 821-1-2
- CSS art. L. 341-15 à L. 341-17
- CSS art. L. 351-7-1-A
- CSS art. L. 541-1
- CASF art. L. 245-1
- CASF art. L. 245-3
- CASF art. D. 245-3
- CGI art. 81, 2° et 9° ter
- BOI-RSA-CHAMP-20-30-30, § 10
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.