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Prévoyance & protection sociale

Assurance décès : protéger financièrement mes proches

Comprendre à quoi sert un capital décès, ce que vos proches touchent déjà, et comment calculer le complément vraiment utile.

L'assurance décès verse un capital (ou une rente) à vos proches si vous décédez : c'est une protection « à fonds perdus », votre cotisation ne se récupère pas, contrairement à l'assurance-vie qui est de l'épargne. ‌Vos proches disposent déjà d'un socle (capital de la Sécurité sociale, allocation veuvage, réversion) : le bon réflexe est de chiffrer ce socle d'abord, puis de couvrir en privé seulement le complément réellement utile. ‌Bien désigner vos bénéficiaires et signaler tout changement de situation est essentiel.‌

Les chiffres à connaître

3 à 5 ansde revenus : le repère courant pour fixer le capital à couvrir
70 ansl'âge charnière pour la fiscalité des primes que vous versez
9 %de taxe sur un contrat décès garantissant un prêt depuis 2019
55 ansl'âge sous lequel le conjoint survivant peut toucher l'allocation veuvage

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Ce qu'il faut retenir

Une protection à fonds perdus, pas de l'épargne

Vous payez une cotisation qui est le prix de la couverture. ​Si le décès ne survient pas (pour une temporaire au terme), la cotisation reste acquise à l'assureur et n'est pas récupérée. ​C'est le principe même de la mutualisation du risque : à ne pas confondre avec l'assurance-vie, qui est de l'épargne.​

Deux grandes familles de contrats

La vie entière garantit le versement du capital quelle que soit la date de votre décès (souvent prime unique). ​La temporaire décès ne paie que si le décès survient avant une date fixée : au-delà, le capital est perdu. ​La temporaire accompagne souvent un crédit (le capital versé correspond au montant restant dû).​

Chiffrez d'abord ce que vos proches touchent déjà

Avant de souscrire, on calcule le socle obligatoire : capital décès de la Sécurité sociale, allocation veuvage (conjoint survivant de moins de 55 ans, sous conditions de ressources), réversion. ​Vous ne payez ensuite que pour le complément réellement utile.​

Un repère pour le montant à couvrir

Le repère professionnel courant est un capital de 3 à 5 années de revenus, ou un montant défini par enfant à charge. ​Les montants exacts se calculent au millésime 2026, jamais de mémoire.​

Le capital échappe aux droits de succession, mais les primes peuvent être taxées

Les capitaux versés à des bénéficiaires désignés sont hors succession. ​Ce sont les primes qui peuvent être taxées : prélèvement de 990 I pour les primes versées avant vos 70 ans (abattement par bénéficiaire), ou droits 757 B après 70 ans (abattement global partagé).​

Conjoint et partenaire de PACS : totalement exonérés

Si votre bénéficiaire est votre conjoint ou votre partenaire de PACS survivant, il est exonéré de toute taxation sur les primes (ni 990 I ni 757 B). ‌Un frère ou une sœur peut aussi être exonéré sous conditions strictes d'âge ou d'infirmité et de domicile commun.‌

La rente éducation pour les enfants

En garantie complémentaire, la rente éducation verse un revenu aux enfants de moins de 25 ans. ‌D'autres options existent : décès par accident (capital doublé ou triplé), invalidité/incapacité.​

Bien désigner vos bénéficiaires

Si aucun bénéficiaire n'est désigné ou déterminable, le capital entre dans votre succession et subit les droits de succession. ​Une clause bénéficiaire claire (avec rangs de repli et « à défaut mes héritiers ») évite ce piège.​

Assurance décès ou assurance-vie : deux outils différents

Assurance décès

  • Verse un capital à vos proches si vous décédez
  • Protection « à fonds perdus » : la cotisation ne se récupère pas si rien n'arrive
  • Couvre un risque à prime réduite, sans immobiliser d'épargne

Assurance-vie

  • C'est de l'épargne que vous constituez
  • Le capital vous reste et se transmet à vos proches
  • Objectif : épargner et transmettre
On choisit selon le besoin réel : protéger ses proches à moindre coût, ou épargner et transmettre.

L'une couvre le risque de décès, l'autre le « risque de survie » : ne les confondez pas.

Source : Doc. « Assurance décès » §1-2 ; CGI art. 995

Le bon réflexe avant de souscrire

Étape 1

Chiffrer le socle déjà acquis

Capital décès de la Sécurité sociale, allocation veuvage, réversion : ce que vos proches toucheront déjà.

Étape 2

Calculer le besoin restant

Repère courant : un capital de 3 à 5 années de revenus, ou un montant par enfant à charge.

Étape 3

Choisir le contrat

Temporaire décès pour un besoin borné (crédit, enfants) ou vie entière pour une protection durable.

Étape 4

Désigner vos bénéficiaires

Une clause claire avec « à défaut mes héritiers » évite que le capital tombe dans la succession.

En chiffrant d'abord ce qui existe déjà, vous ne payez que pour le complément réellement utile.

Source : Doc. « Assurance décès » ; méthodologie pas-à-pas

Primes versées avant 70 ans : exemple de 201 000 € au profit d'un enfant

Primes versées
201 000 €
Part réellement taxable
48 500 €
Impôt dû (prélèvement 990 I)
9 700 €

Une grande partie du capital échappe à l'impôt : seule une fraction des primes est taxée.

Source : Simulation millésime 2026 ; CGI art. 990 I

Selon votre situation

Votre situationCe qui s'appliqueFondement
Vous avez un besoin de protection pur et un patrimoine peu liquide ou en construction L'assurance décès à fonds perdus est recommandée : elle couvre le risque à cotisation réduite, sans immobiliser un capital d'épargne. Doc. « Assurance décès » §1-2
Votre objectif est plutôt d'épargner et de transmettre On vous oriente vers l'assurance-vie épargne : l'assurance décès couvre le risque de décès, pas le risque de vivre longtemps. Doc. « Assurance décès » §1 ; CGI art. 995
Vous assurez une autre personne que vous-même (l'assuré n'est pas le souscripteur) Le consentement écrit de l'assuré, avec mention du capital ou de la rente, est obligatoire, sinon le contrat est nul. Impossible sur un mineur de moins de 12 ans ou un majeur sous tutelle. C. assur. art. L132-2 ; L132-1
Vous remplissez le questionnaire de risque Une fausse déclaration de mauvaise foi entraîne la nullité (rien n'est versé) ; une erreur de bonne foi réduit proportionnellement l'indemnité. Répondez avec exactitude. C. assur. art. L113-8
Décès par suicide dans la première année du contrat La garantie ne joue pas : seule la provision mathématique est versée. Le suicide est couvert au-delà de la première année. C. assur. art. L132-7
Aucun bénéficiaire n'est désigné ou déterminable au moment du décès Les capitaux entrent dans la succession et subissent les droits de succession. Prévoyez une clause bénéficiaire (type prévoyance ou sur-mesure). C. assur. art. L132-25 ; Cass. civ. 1, 6 nov. 2019
Vous versez des primes avant 70 ans, bénéficiaire non exonéré Prélèvement 990 I sur les primes, après un abattement par bénéficiaire. CGI art. 990 I ; BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20
Vous versez des primes après 70 ans, bénéficiaire non exonéré Droits de succession 757 B sur les primes, après un abattement global partagé entre bénéficiaires. CGI art. 757 B
Votre bénéficiaire est votre conjoint ou partenaire de PACS survivant Exonération totale : ni prélèvement 990 I ni droits 757 B. CGI art. 796-0 bis
Vous souscrivez une assurance décès en garantie d'un prêt depuis le 1er janvier 2019 Le contrat est soumis à la taxe spéciale sur les conventions d'assurance de 9 % (l'ancienne exonération a été supprimée). CGI art. 995 ; BOI-TCAS-ASSUR-10-40-30-10 §195
Vous êtes salarié (ou assimilé) et décédez Vos proches mobilisent le socle obligatoire : capital décès Sécurité sociale, allocation veuvage ou réversion, à chiffrer avant la couverture privée. CSS art. L361-1 ; Doc. « Prévoyance obligatoire »
Vous achetez un logement à deux emprunteurs Arbitrez la quotité assurée selon vos revenus et patrimoines. N'assurer que le mieux payé expose l'autre à un défaut de couverture. Doc. « Assurance emprunteur » §4.3

Ce qui piège le plus souvent

Ne confondez pas assurance décès et assurance-vie

L'assurance décès est une protection à fonds perdus : la cotisation ne se récupère pas si le risque ne survient pas. L'assurance-vie, elle, est de l'épargne que vous constituez. Choisissez selon votre besoin réel : protéger vos proches, ou épargner et transmettre.

Répondez toujours exactement au questionnaire de risque

Une fausse déclaration de mauvaise foi peut annuler le contrat : vos proches ne toucheraient rien. Même une inexactitude de bonne foi réduit l'indemnité. La sincérité protège vos proches.

Désignez clairement vos bénéficiaires et tenez-les à jour

Sans bénéficiaire désigné ou déterminable, le capital entre dans votre succession et perd son avantage. Prévoyez des rangs de repli (« à défaut mes héritiers ») et actualisez la clause à chaque mariage, PACS, naissance ou divorce.

En couple avec un crédit, ne sous-assurez pas un emprunteur

N'assurer que celui qui gagne le plus expose l'autre en cas de décès. Faites arbitrer les quotités (jusqu'à 200 % à deux) selon vos revenus et patrimoines respectifs.

Attention à la première année pour le suicide

En cas de décès par suicide durant la première année du contrat, la garantie ne joue pas : seule une somme limitée (provision mathématique) est versée. Le suicide est couvert ensuite.

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Avec une assurance décès, que devient votre cotisation si vous ne décédez pas pendant le contrat ?

L'assurance décès est une protection à fonds perdus : la cotisation est le prix de la couverture et ne se récupère pas, contrairement à l'assurance-vie qui est de l'épargne.

Que se passe-t-il si aucun bénéficiaire n'est désigné ou déterminable à votre décès ?

Sans bénéficiaire déterminable, les capitaux intègrent la succession et perdent leur avantage : une clause claire (« à défaut mes héritiers ») évite ce piège.

Votre conjoint ou partenaire de PACS reçoit le capital : est-il taxé sur les primes ?

Le conjoint ou partenaire de PACS survivant est totalement exonéré de toute taxation sur les primes (CGI art. 796-0 bis).

Des cas concrets à travailler ensemble

Cas avancé

Assurer la vie de son associé pour racheter ses parts au décès

Karim, 44 ans, dirige une PME de menuiserie avec son associé Thomas. Leur crainte : au décès de l'un, ses parts reviennent à des héritiers étrangers au métier, qui prennent la moitié des décisions du jour au lendemain. La parade : chacun souscrit une assurance décès sur la tête de l'autre, pour que le survivant dispose du capital nécessaire au rachat des parts à la famille du défunt. Le point qu'on oublie presque toujours : comme l'assuré n'est pas celui qui paie, son accord écrit, avec le montant assuré, est obligatoire — sans lui, le contrat ne vaut rien.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller fait signer à chaque associé un consentement écrit en bonne et due forme, cale le capital sur la valeur réelle des parts, et articule le contrat avec les statuts de la société pour que le rachat se déclenche sans blocage le jour venu.

Cas avancé

Protéger un enfant en situation de handicap toute sa vie

Sylvie, 52 ans, a un fils, Hugo, en situation de handicap, qui ne pourra jamais subvenir seul à ses besoins. Sa vraie question n'est pas « combien j'épargne » mais « qui prend le relais le jour où je ne serai plus là ? ». Plutôt qu'une épargne classique, elle regarde un contrat vie entière : quelle que soit la date de son décès, un capital ira à Hugo. Ce capital est versé hors droits de succession ; seules les primes peuvent, elles, être taxées selon le bénéficiaire.

Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller choisit la formule vie entière adaptée, rédige une clause bénéficiaire qui sécurise Hugo, et coordonne le contrat avec la rente-survie et l'épargne dédiée au handicap pour viser un revenu durable, pas seulement un capital d'un coup.

Chaque situation est particulière

Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.

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Références officielles

Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.

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