AV mal gérée : la garder ou racheter ?
Comment décider entre conserver l'avantage fiscal de votre vieux contrat ou en changer
Votre assurance-vie a plus de 8 ans et vous y avez versé de l'argent avant vos 70 ans : elle vous donne de vrais avantages fiscaux. Mais elle est mal gérée ou chargée en frais. Faut-il la garder ou la racheter pour réinvestir ailleurs ? Il n'y a pas de réponse toute faite : c'est un calcul. Racheter vous coûte un impôt immédiat sur vos gains et vous fait perdre deux avantages définitifs. Cela ne vaut le coup que si le nouveau placement rapporte assez, et assez vite, pour combler ce coût avant que le capital ne revienne à vos enfants.
Faites le test : êtes-vous concerné ?
Cochez les situations qui vous ressemblent.
À comprendre avant d'agir
Racheter, c'est payer un impôt tout de suite
Quand vous rachetez (retirez l'argent de votre contrat), vous payez l'impôt sur la part de gains comprise dans ce retrait : impôt sur le revenu (7,5 % après un abattement de 9 200 € pour un couple si le contrat a plus de 8 ans, sinon 12,8 %) plus 17,2 % de prélèvements sociaux. C'est ce qu'on appelle le « frottement fiscal ». Cet argent parti en impôt ne travaille plus pour vous.
Après 70 ans, un avantage se perd pour toujours
Les sommes versées avant vos 70 ans bénéficient d'un régime très favorable à la transmission : chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € sans impôt. Si vous rachetez et replacez cet argent en assurance-vie après 70 ans, il bascule dans un autre régime, moins avantageux. Cette « fenêtre » ne se rouvre jamais : c'est le point le plus important à peser.
Vous n'êtes pas obligé de tout racheter
Entre garder et racheter, il existe une solution intermédiaire : l'arbitrage interne. Vous changez les supports d'investissement à l'intérieur de votre contrat, sans le clôturer. Vous gardez ainsi votre antériorité et vos avantages, même si le choix de supports reste limité à ce que propose votre contrat.
Le contrat de capitalisation, une autre piste
Le contrat de capitalisation se rachète avec la même fiscalité que l'assurance-vie et présente un atout : il se transmet à vos héritiers sans être clôturé au décès. C'est une option que le modèle peut chiffrer pour votre situation.
La vraie question : le nouveau placement va-t-il rattraper le coût ?
Racheter ne se justifie que si le meilleur placement que vous visez rapporte suffisamment pour rembourser l'impôt payé au départ, avant l'horizon de la transmission. Ce « point de croisement » dépend surtout de l'écart de rendement et du temps qu'il vous reste. C'est un calcul chiffré, pas une intuition.
Un modèle compare vos options chiffres à l'appui
Plutôt que de décider au feeling, un modèle interactif compare quatre scénarios en « net réellement transmis à vos enfants » : ne rien changer, changer les supports en interne, racheter pour une nouvelle assurance-vie, ou racheter pour un contrat de capitalisation.
Garder votre contrat ou le racheter : le vrai arbitrage
Garder (arbitrage interne)
- Vous conservez l'antériorité de plus de 8 ans
- Aucun impôt déclenché aujourd'hui
- Les 152 500 € par bénéficiaire restent acquis
- Choix de supports limité à votre contrat
Racheter pour réinvestir
- Impôt immédiat sur vos gains (IR + 17,2 % de prélèvements sociaux)
- Après 70 ans, l'avantage des 152 500 € est perdu
- Palette de placements plus large
- N'a de sens que si le nouveau placement comble ce coût
Ce que ça veut dire pour vous : ne changez pas de contrat sur la seule promesse d'un meilleur rendement. Faites d'abord chiffrer le point de croisement.
Source : cas-client (raisonnement) ; r-fr-assiette, r-fd-avant-70
Ce que le rachat coûte en impôt sur vos gains
Ce que ça veut dire pour vous : seule la part de gains est taxée, après un abattement de 9 200 € pour un couple si le contrat a plus de 8 ans. Cet impôt part tout de suite et ne travaille plus pour vous.
Source : r-fr-assiette, r-fr-abattement-8-ans, r-fr-primes-post-2017
Votre décision d'aujourd'hui suit vos gains jusqu'à la transmission
Vous alimentez votre contrat
Vos versements entrent dans le régime favorable : jusqu'à 152 500 € transmis sans impôt à chaque bénéficiaire.
Vous hésitez à racheter
Un rachat fige un impôt immédiat sur vos gains et, si vous avez plus de 70 ans, referme définitivement cette fenêtre.
Vous replacez en assurance-vie
Les nouveaux versements ne sont exonérés que jusqu'à 30 500 € au total ; l'avantage des 152 500 € ne revient jamais.
Transmission à vos enfants
Le régime qui s'applique à vos enfants dépend directement du choix fait aujourd'hui.
Ce que ça veut dire pour vous : la fenêtre « avant 70 ans » est le point le plus important à peser avant tout rachat.
Source : r-fd-avant-70, r-fd-apres-70 (CGI art. 990 I / 757 B)
Votre cas, ce que prévoit la règle
Vous rachetez un contrat de plus de 8 ans (couple)
Impôt sur le revenu de 7,5 % sur les gains, après un abattement de 9 200 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux
r-fr-abattement-8-ans, r-fr-assiette
Vous rachetez un contrat de moins de 8 ans
Impôt sur le revenu de 12,8 % sur les gains, plus 17,2 % de prélèvements sociaux (pas d'abattement)
r-fr-primes-post-2017, r-fr-assiette
Primes versées avant vos 70 ans (contrat historique)
À votre décès, chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € sans impôt, puis 20 % / 31,25 % au-delà
Vous replacez en assurance-vie après vos 70 ans
Les sommes versées ne sont exonérées que jusqu'à 30 500 € au total ; au-delà elles sont taxables (les gains, eux, restent exonérés)
Le bénéficiaire de votre contrat est votre conjoint
Votre conjoint (ou partenaire de PACS) ne paie aucun impôt sur ce qu'il reçoit
r-fd-conjoint-exonere
Vous faites un arbitrage interne (changer les supports)
Vous conservez l'antériorité et tous les avantages fiscaux : aucun impôt déclenché, mais choix de supports limité au contrat
cas-client (raisonnement, point 3)
Vous optez pour un contrat de capitalisation
La fiscalité des rachats est identique à l'assurance-vie, et le contrat se transmet sans être clôturé au décès
r-cc-fiscalite-rachat-identique
Vous devez financer un achat (ex. nouvelle résidence)
Le modèle compare deux voies : puiser dans l'assurance-vie ou passer par un crédit relais
cas-client (raisonnement, point 4)
Les erreurs qui coûtent cher
Le régime « avant 70 ans » ne se récupère jamais
Si vous rachetez après 70 ans un contrat alimenté avant vos 70 ans, vous perdez définitivement l'avantage des 152 500 € par bénéficiaire. Aucun nouveau versement ne pourra rouvrir cette fenêtre. Pesez bien ce point avant tout rachat.
Ne décidez pas sur la seule promesse d'un meilleur rendement
Un placement présenté comme « plus performant » ne justifie pas à lui seul un rachat. Encore faut-il qu'il rapporte assez pour rembourser l'impôt payé au départ avant l'horizon de transmission. Sans ce calcul, le rachat peut vous coûter plus qu'il ne vous rapporte.
Fiche en cours de validation
Cette fiche est encore au statut « à valider » et certains points (méthode de calcul du point de croisement, comparaison des frais de gestion) reposent sur le modèle et non sur une règle figée. Faites confirmer votre situation précise par votre conseiller.
Vérifiez vos réflexes
Cliquez sur votre réponse — la bonne réponse s'affiche aussitôt.
Vous rachetez après 70 ans un contrat que vous aviez alimenté avant vos 70 ans. Que devient l'avantage des 152 500 € par bénéficiaire ?
Dans quel cas le rachat de votre contrat mal géré est-il vraiment justifié ?
Vous voulez changer vos supports d'investissement sans perdre votre antériorité. Quelle solution ?
Chaque situation est particulière
Cette fiche donne les règles générales — votre conseiller vérifie ce qui s'applique réellement à votre patrimoine et chiffre vos options.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 125-0 A (fiscalité des rachats)
- CGI art. 200 A (taux d'imposition des gains)
- CGI art. 990 I (transmission des primes avant 70 ans)
- CGI art. 757 B (transmission des primes après 70 ans)
- CGI art. 669 (barème du démembrement / usufruit)
- CGI art. 777 (barème des droits de succession)
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.