Vendre ma société pour ma retraite : l'abattement de 500 000 €
Comment retirer jusqu'à 500 000 € de votre plus-value avant impôt sur le revenu quand vous cédez votre entreprise pour partir à la retraite, et les conditions à respecter pour ne pas perdre cet avantage.
Si vous vendez les titres de votre société (soumise à l'impôt sur les sociétés) pour partir à la retraite, vous pouvez retrancher 500 000 € de votre plus-value avant de calculer votre impôt sur le revenu. Cet avantage fonctionne aussi bien avec le prélèvement forfaitaire unique (PFU, la « flat tax ») qu'avec le barème de l'impôt, mais il ne réduit pas les prélèvements sociaux, qui restent dus sur la totalité du gain. Attention : les conditions sont strictes et se cumulent (calendrier de la retraite, cessation de toute fonction, pas de lien avec l'acheteur) ; le moindre manquement vous fait perdre l'abattement, d'où l'importance de tout planifier à l'avance.
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À comprendre avant d'agir
500 000 € retirés avant impôt sur le revenu
Vous déduisez 500 000 € de votre plus-value avant de calculer l'impôt sur le revenu. Exemple : sur une plus-value de 600 000 €, seuls 100 000 € restent imposés à l'impôt sur le revenu. Cet abattement s'utilise une seule fois par société.
PFU ou barème, à vous de choisir
L'abattement s'applique que vous choisissiez le prélèvement forfaitaire unique — le PFU, ou « flat tax », soit 12,8 % d'impôt sur le revenu sur la part restante — ou le barème progressif. Sur 100 000 € restants au PFU, cela fait 12 800 € d'impôt sur le revenu.
Les prélèvements sociaux restent dus sur tout
L'abattement ne concerne QUE l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent sur la totalité de la plus-value. Sur 600 000 €, cela représente 103 200 €, abattement ou pas.
Un calendrier retraite à la minute près
Vous devez cesser toute fonction dans la société ET liquider votre retraite dans une fenêtre de 24 mois avant ou après la vente (et pas plus de 48 mois entre ces deux événements). C'est le point qui fait perdre l'avantage le plus souvent.
Vous devez vendre la totalité ou la majorité
Il faut céder tous vos titres, ou plus de 50 % des droits de vote. Ces titres doivent être détenus depuis au moins 1 an, et vous devez avoir eu au moins 25 % de la société pendant les 5 ans précédant la vente.
Pas de lien avec l'acheteur
Si l'acheteur est une entreprise, vous ne devez pas détenir plus de 1 % de son capital, ni au moment de la vente, ni pendant les 3 années suivantes. Sinon l'abattement est repris.
Une vraie fonction de direction pendant 5 ans
Vous devez avoir dirigé la société (gérant, président, directeur général...) de façon effective et rémunérée normalement, cette rémunération représentant plus de 50 % de vos revenus professionnels, sans interruption pendant les 5 ans avant la vente.
600 000 € si vous vendez à un jeune agriculteur
Depuis 2025, si vous cédez au profit d'un jeune agriculteur qui bénéficie de l'aide à la première installation, l'abattement passe à 600 000 €, avec possibilité d'étaler la vente sur 72 mois.
Sur une plus-value de 600 000 €, la part effacée avant impôt sur le revenu
part retirée avant impôt sur le revenu600 000 €
votre plus-value totale
Dans cet exemple, seuls 100 000 € restent soumis à l'impôt sur le revenu après l'abattement.
Source : CGI art. 150-0 D ter, I ; BOI-RPPM-PVBMI-20-40, § 1
Sur une plus-value de 600 000 €, ce que vous payez vraiment
L'abattement allège l'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus sur toute la plus-value : ils pèsent le plus lourd.
Source : CGI art. 150-0 D ter, I ; BOI-RPPM-PVBMI-20-40, § 1
Le calendrier à respecter autour de la vente
Départ anticipé possible
Vous pouvez cesser vos fonctions ou liquider votre retraite jusqu'à 24 mois avant la vente.
Cession de vos titres
Vous cédez la totalité de vos titres, ou plus de 50 % des droits de vote.
Dernier délai
Vous devez avoir cessé toute fonction et liquidé votre retraite au plus tard 24 mois après la vente.
Entre les deux étapes
Si la cessation et la retraite encadrent la vente, pas plus de 48 mois ne doit s'écouler entre elles.
Un décalage de quelques mois hors de cette fenêtre peut vous faire perdre tout l'abattement.
Source : CGI art. 150-0 D ter, II, 2°, c ; CE 16 oct. 2019, n° 417364
Ce qui s'applique selon votre situation
Vous vendez les titres de votre société soumise à l'impôt sur les sociétés pour partir en retraite, toutes conditions réunies
500 000 € sont retranchés de votre plus-value avant impôt sur le revenu ; la part restante est imposée au prélèvement forfaitaire unique (12,8 %) ou au barème
Vous regardez ce qui reste dû au titre des prélèvements sociaux
17,2 % s'appliquent sur la TOTALITÉ de la plus-value, sans tenir compte de l'abattement
Vous signez la vente en dehors de la période autorisée
Aucun abattement : la cession doit avoir lieu entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2031
Vos titres ont été acquis avant 2018 et vous hésitez entre les deux avantages
Vous devez choisir : soit l'abattement fixe de 500 000 €, soit l'abattement pour durée de détention (barème seulement). Les deux ne se cumulent jamais
Vous ne détenez pas au moins 25 % de la société de façon continue pendant les 5 ans avant la vente
Condition non remplie : pas d'abattement
Vous ne cédez ni la totalité, ni plus de 50 % des droits de vote
La cession n'est pas éligible à l'abattement
Vous ne cessez pas toute fonction ou ne liquidez pas votre retraite dans la fenêtre de 24 mois avant/après la vente
L'abattement est refusé ou repris ; délai maximum de 48 mois entre les deux événements s'ils encadrent la vente
CGI art. 150-0 D ter, II, 2°, c ; CE 16 oct. 2019, n° 417364
Vous détenez plus de 1 % du capital de l'acheteur (entreprise), à la vente ou dans les 3 ans
L'abattement est remis en cause
CGI art. 150-0 D ter, II, 5° ; BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, § 470 et 490
Une condition n'est finalement pas tenue à l'échéance (retraite non liquidée, lien avec l'acheteur acquis...)
L'abattement est repris au titre de l'année où l'échéance est atteinte ; bascule possible vers l'abattement pour durée de détention si vous étiez au barème
Votre entreprise est individuelle ou une société de personnes à l'impôt sur le revenu (pas à l'IS)
Ce n'est pas ce dispositif qui s'applique, mais l'exonération de l'article 151 septies A
Vous vendez à un jeune agriculteur bénéficiaire de l'aide à la première installation, à partir de 2025
L'abattement est porté à 600 000 €
Vous partez vivre à l'étranger au moment de la vente, retraite déjà liquidée
L'abattement peut réduire la plus-value latente (exit tax), à condition de vendre les titres dans les 2 ans suivant la liquidation
Les pièges à éviter
Ne restez surtout pas dirigeant après la vente
Garder une fonction de direction ou un contrat de travail dans la société vendue vous fait perdre l'abattement. Vous pouvez en revanche devenir consultant non salarié, à condition que ce soit une activité réelle et dans le respect des règles de cumul emploi-retraite.
Ne rachetez pas de parts chez l'acheteur
Rester ou redevenir associé de l'entreprise qui vous a racheté (plus de 1 % de son capital) pendant les 3 ans qui suivent la vente entraîne la reprise de l'abattement. Surveillez ce point jusqu'à la fin du délai.
Calez la date de votre retraite avant de signer
La date qui compte est celle où votre pension du régime de base commence à être versée. Faites vérifier ce calendrier avant la vente : un décalage de quelques mois peut vous mettre hors des 24 mois autorisés et coûter des dizaines de milliers d'euros.
N'oubliez pas les prélèvements sociaux dans votre calcul
Beaucoup pensent qu'après l'abattement il ne reste presque rien à payer. Faux : les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur toute la plus-value. Sur 600 000 €, c'est déjà 103 200 € à provisionner.
Ne déléguez pas votre direction juste avant de vendre
Si votre direction est en réalité assurée par un tiers (par exemple via des honoraires de gestion) ou si vous n'étiez pas régulièrement nommé, l'administration peut considérer que vous ne dirigiez pas vraiment et refuser l'abattement.
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L'abattement de 500 000 € réduit-il aussi vos prélèvements sociaux ?
Dans quel délai devez-vous cesser vos fonctions et liquider votre retraite ?
Quelle part de votre société devez-vous avoir détenue pendant les 5 ans avant la vente ?
Là où un conseiller change la donne
Un couple qui dirige ensemble : deux abattements, pas un
Claire et Thomas, 61 et 63 ans, ont fondé et dirigent tous les deux leur SAS industrielle depuis vingt ans. Chacun est co-président, détient sa propre part du capital et est rémunéré pour son rôle. Beaucoup croient que l'abattement de 500 000 € se partage au sein du couple. En réalité il s'apprécie personne par personne : si chacun remplit de son côté toutes les conditions (fonction de direction rémunérée, seuil de 25 %, cinq ans d'ancienneté), chacun retranche son propre abattement de sa plus-value avant impôt sur le revenu. Hypothèse : chacun dégage 700 000 € de plus-value. À deux, ils effacent 1 000 000 € avant impôt sur le revenu (2 × 500 000 €), et non 500 000 € : il ne reste que 200 000 € imposables pour chacun. Croire à un abattement unique de couple aurait laissé 500 000 € de plus-value de plus dans l'assiette de l'impôt sur le revenu, soit 64 000 € d'impôt en trop au prélèvement forfaitaire unique (500 000 € × 12,8 %).
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller vérifie que Claire et Thomas remplissent chacun les conditions (rôle de direction réel et rémunéré, détention d'au moins 25 %, cinq ans d'ancienneté), chiffre les deux abattements séparément, cale les deux entrées en jouissance de la retraite dans la fenêtre de 24 mois autour de la vente, et vérifie que les prélèvements sociaux de 17,2 % — dus sur l'intégralité des deux plus-values — sont bien provisionnés.
Donner une partie de l'entreprise à ses enfants avant de vendre
Michel, 60 ans, prévoit de céder sa PME dans deux ans pour partir à la retraite ; hypothèse : une plus-value latente de 900 000 €. Plutôt que de tout vendre lui-même, il donne d'abord à ses deux enfants 30 % de ses titres, puis cède les 70 % restants — en vendant plus de la moitié de ses droits de vote, il satisfait la condition de cession majoritaire (strictement supérieure à 50 %) exigée par le dispositif. Sur les titres donnés (270 000 € de plus-value latente), le prix de revient des enfants est réévalué au jour de la donation : ils revendent aussitôt quasiment sans gain taxable — la plus-value historique est purgée. Sur les 70 % qu'il conserve et vend (630 000 € de plus-value), Michel applique son abattement de 500 000 € : il ne reste que 130 000 € imposables, soit 16 640 € d'impôt sur le revenu au prélèvement forfaitaire unique (130 000 € × 12,8 %). S'il avait tout vendu lui-même, 400 000 € (900 000 − 500 000) seraient restés imposables, soit 51 200 € (400 000 € × 12,8 %) : la donation-avant-cession lui économise 34 560 € d'impôt sur le revenu. Deux leviers qui se cumulent — à condition que la donation soit réelle et bien antérieure à la vente.
Ce que votre conseiller apporte : Le conseiller séquence l'opération dans le bon ordre (donner, puis vendre, à des dates sécurisées) et s'assure que la donation n'est pas fictive pour que la purge de la plus-value tienne. Il vérifie surtout que la part effectivement vendue par Michel dépasse 50 % des droits de vote : sans ce seuil, la cession ne serait ni totale ni majoritaire et l'abattement tomberait — la donation, elle, ne compte pas comme une cession. Il met enfin en balance l'impôt sur le revenu économisé avec le coût de la transmission — droits de donation en ligne directe, calculés sur la valeur des titres donnés après l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, à chiffrer sur la situation réelle — et avec les prélèvements sociaux de 17,2 %, qui restent dus sur la plus-value conservée.
Chaque situation est particulière
Ces règles évoluent et se combinent : faites valider votre lecture par un conseiller avant de décider.
Faire le point avec un conseillerÀ lire ensuite
Références officielles
- CGI art. 150-0 D ter
- CGI art. 150-0 D
- CGI art. 151 septies A
- CGI art. 167 bis
- CGI art. 73
- Règlement (UE) n° 651/2014, ann. I
- Loi n° 2025-127 du 14 févr. 2025 (LF 2025), art. 19
- BOI-RPPM-PVBMI-20-40
- BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-20
- BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40
- BOI-RPPM-PVBMI-20-40-20
- CE 16 oct. 2019, n° 417364
Fiche issue de la base de connaissance patrimoniale Ploovers — millésime 2026, mise à jour le 2026-07-11. Contenu en cours de validation par nos experts.
Ces contenus sont fournis à titre d'information générale (millésime 2026) : ils ne constituent ni un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale ou patrimoniale, et ne remplacent pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine, d'un notaire ou d'un avocat, seuls à même d'apprécier votre situation particulière. Les règles et montants cités sont susceptibles d'évoluer avec la législation. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.